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Dernièrement, j’ai pas mal réfléchi à la question des regrets. Quand tu y prêtes attention, c’est fou le nombre de personnes qui te racontent ce qu’ils auraient pu être/faire, plutôt que ce qu’ils sont/font. Et quand tu leur demandes pourquoi ils ne commencent pas maintenant, toujours le même refrain : je peux pas. (Et ses variations : impossible, trop compliqué, c’est trop tard…).

C’est vraiment un discours qui me fait cracher la fumée par les naseaux.

Soit :

  • c’est possible + tu le veux = tu te sors les doigts du fion pour que ça se réalise.
  • c’est impossible et/ou tu le veux pas vraiment = tu te demandes ce que tu veux vraiment + tu te sors les doigts du fion pour que ça se réalise.

(Tu l’auras compris, il y a toujours un moment où il faut se sortir les doigts du fion.)

Les regrets sont de l’énergie investie au pire endroit : là où il n’y a aucun pouvoir.

C’est un choix de foutre de l’énergie là où tu peux rien changer. C’est un choix de contempler ce qu’aurait pu/pourrait être ta vie plutôt que de te remonter les manches pour explorer ton potentiel.

Est-ce que j’ai des regrets ?

Avec ce constat, obligée de regarder ma propre situation en face, et de me demander avec une honnêteté radicale : où est-ce que j’investis encore de l’énergie à chérir ce qui aurait pu être mais n’est pas (donc à muscler mon impuissance) – plutôt qu’à construire ce que je veux ?

Franchement, je voyais pas trop. Il y a quelques mois j’ai posé le choix de kiffer ma vie, de m’affirmer et d’assumer mon niveau d’exigence. Vraiment, cette fois. Je sais où j’ai besoin de travailler et j’ai le système en place pour que ça avance dans la direction que je veux. Je ne regrette pas mes bouinages passés car ils m’ont amenée ici aujourd’hui. Bref, il me semblait pas avoir quoi que ce soit dans mes valises.

Après les deux jours passés avec l’équipe des Aventurières, où le positionnement “vie 0 regret” proposé par Laure a été adopté par toutes, je suis rentrée chez moi.

Et là PAF, j’ai rêvé de mon ex et de notre tragique histoire d’amour avortée.

Ou comment tes rêves te signifient tout à fait subtilement que t’es en train de te bullshiter.

Un exemple de comment rompre avec l’impuissance

J’ai envie de t’en dire plus sur cette histoire, parce que c’est un exemple très très concret de comment tu peux retrouver du pouvoir là où il y a de l’impuissance. Même si pour l’instant t’as l’impression (tu te racontes) que tu peux rien faire pour virer ce sentiment de ta vie.

Plantage de décor

Pour te résumer, de 18 à 20 ans, j’ai vécu une belle histoire d’amour avec Appelons-le-Jean-Patrick. Sauf que ça s’est terminé en eau de boudin, à distance et par mails interposés, sans discussion pour clôturer le truc proprement. On était encore amoureux, quand on s’est recroisés ça faisait mal, mais on a jamais renoué le dialogue – ne serait-ce que pour mettre un point final. J’ai tenté plusieurs fois et chaque fois je me suis fait tej.

Depuis mes 20 ans, je me traîne cette histoire dans un coin de ma tête. J’ai imaginé 12 000 scénarios où je récupérais son adresse pour aller sonner chez lui 5 ans plus tard (“SURPRIIISE ! Comment ça je tombe mal ?”), où je le reconnaissais dans la foule compacte du métro, où on se retrouvait par hasard à l’autre bout du monde, où on abandonnait mari et femme pour vivre notre vraie histoire… Je lui ai écrit des dizaines de lettres imaginaires (dont une que je lui ai envoyé et à laquelle il a répondu bien cordialement). Même quand je pensais plus à lui pendant 6 mois, à un moment ça revenait, en rêves ou en pensées. J’avais fini par me dire que je ne pouvais rien y faire, que ce serait un regret éternel (*émoji vomi*). J’ai même fait le plan du roman où je racontais l’histoire d’amour tragique et donc magnifique entre Anaelle et Jean-Patrick qui se sont ratés, et sont donc condamnés au malheur l’un sans l’autre. Avec beaucoup de clopes et de silences pesants pour bien faire film français.

Avance rapide. Il y a 3 ans j’ai rencontré mon copain actuel avec qui c’est l’évidence, la fluidité, l’alchimie. Ça n’empêche pas les épreuves, mais on les traverse avec honnêteté, respect mutuel, complicité et sans drama. L’amour, le vrai.

C’est le premier mec depuis Jean-Patrick avec qui je me sens vraiment connectée, en confiance. Mieux : je suis ultra épanouie dans cette relation.

À mesure qu’on avançait, j’ai commencé à voir les trucs qui merdaient dans ma relation avec Jean-Patrick, notamment le fait que j’étais la seule à assumer ma vulnérabilité alors que lui gardait ses angoisses cadenassées.

Il n’y a absolument pas photo sur le fait que je suis plus heureuse avec mon mec qu’avec Jean-Patrick, que c’est plus solide, qu’on est plus proches, plus honnêtes, qu’on communique mieux, qu’on se marre plus.

Y aurait-il un regret planqué sous le tapis ?

Alors pourquoi ce rêve là maintenant ? Well, il est venu rappeler à mon bon souvenir qu’il y avait encore du caca sous le tapis. Que ça sentait toujours le regret moisi… Et choisi (oui oui, on choisit ses regrets). « Je suis amoureuse et heureuse avec mon mec mais… Si Jean-Patrick s’était ouvert à moi on aurait peut-être vécu quelque chose d’extraordinaire… Et s’il se pointait là aujourd’hui qu’est-ce que je ferai ? »

Mais, mais, mais… Qu’est-ce que c’est ce vieux regret gardé sur la cheminée, comme un petit bibelot discretos mais immuable ? Est-ce que c’est genre : je me mens sur ma vie amoureuse – qui en fait m’épanouit pas tant que ça ?

J’ai regardé avec honnêteté : non, c’est pas ça. Quand je pense à mon mec, tout s’aligne dans mon corps. Je suis bien.

Non non. Ce regret, il sert autre chose, mais quoi ? Après 2-3 jours, j’ai enfin trouvé d’où venait l’odeur de merde.

À quoi sert ton regret ?

Que ton regret soit une histoire d’amour contrariée ou autre chose (j’aurais pu être sportif·ve de haut niveau, être élu·e maire de ma ville, devenir musicien·ne… peu importe), interroge-toi avec honnêteté sur ce qu’il sert, et quand tu sais, demande toi si t’es OK pour garder ça dans ton système.

Le mien, je l’ai créé quand ma vie était tellement pourrie que j’avais besoin de ça pour me faire croire qu’elle avait de l’exceptionnel. Je croyais rajouter de la brillance, alors que c’était du vernis Auchan (tu sais celui qui s’écaille 7 sec après la pose).

Me raconter que j’ai laissé passer mon grand amour pour pas regarder en face que rien de ce que je fais ne correspond à mon vrai niveau d’exigence, ça n’est plus quelque chose que j’ai envie de faire. Merci de m’avoir aidée à traverser mes périodes les plus moisies, mais je suis plus OK pour que le truc le plus dingue de ma vie soit une histoire d’amour ratée.

J’ai eu besoin de ça quand ma vie ne ressemblait pas d’un poil de cul à ce que j’avais envie qu’elle soit. Je me rajoutais du tragique pour avoir un peu d’intensité, même si c’était de l’intensité de caca, même si j’allais voir ma vie au cinoche plutôt que de la vivre.

Ajoute à ça une couche du mythe de l’artiste qui doit être torturé·e pour être créatif·ve (« J’ai arrêté la clope, la débauche tous les week-ends, les histoires compliquées, je suis en bonne santé, personne m’a battue ou violée, qu’est-ce que je vais bien pouvoir raconter dans mon roman si c’est pas une histoire d’amour impossible ? »), saupoudré d’imaginaire collectif tout pourri, genre la vie c’est plus beau avec des regrets.

Regarde notre fascination pour les héros brisés, les amours impossibles, les rêves qui se réalisent jamais. On adore les histoires d’impuissance, on trouve ça beau. Il y a beaucoup moins de monde pour les histoires sur comment tu construis un couple dans la durée, sur quelle quantité de travail ça nécessite de devenir JK Rowling ou Beyonce, ou sur quels choix courageux tu dois poser tous les jours pour construire un business et une vie qui te ressemblent.

La fausse intensité ça permet de fuir la vraie

Autre chose : pourquoi ce regret est resté dans un coin, alors que j’étais épanouie en couple ? Well, la fausse intensité ça permet de fuir la vraie. « Ouuuh, construire un projet de vie à deux c’est l’inconnu et ça fait flipper, je vais plutôt recréer du connu avec un peu de drama amoureux en arrière-plan, parce que ça je connais bien. »

Fuck that shit.

Je sais pas ce qu’il se passe après 3 ans de relation : je m’en fous, je décide d’y aller. Et si demain Jean-Patrick sonnait, enfin je sais que je lui dirais : « Merci mais on construit un truc de ouf là, repasse jamais. »

Si je te parle d’une histoire d’amour sur un blog dédié à l’entrepreneuriat, c’est parce qu’il n’y a AUCUNE raison de penser que ce qui existe dans ta vie n’existe pas dans ton business. Si t’es social media manager mais que tu passes ton temps à te répéter que t’aurais voulu être artiste-peintre, tu dépenses une énergie folle à nourrir ce regret. À partir de là, il n’y a que deux solutions :

  • soit c’est vraiment important et tu te remues sévèrement pour gagner ta vie comme artiste-peintre,
  • soit c’est un truc que tu te racontes pour rendre ta vie plus romanesque, et tu lâches ta pseudo-vocation artistique pour te concentrer sur ce que tu veux vraiment pour toi aujourd’hui.

Il y a une troisième voie bien sûr, qui consiste à te complaire dans cette histoire de vocation ratée pour te faire plaindre et justifier de rester au fond du canapé. C’est un choix, tu as le droit de le faire. Par contre, tu auras la vie bof qui va avec.

Si tu ne veux pas dépenser d’énergie dans des regrets, ça commence par traquer ces « poches d’impuissance »… Et les faire péter. Et là, j’en avais une grosse que j’avais pas encore repéré.

J’avais pas encore décidé de me séparer de ce regret – et j’ai pu le faire en réactualisant les infos : la vie que je me construis a bien assez de saveurs pour que je tente plus de rehausser le goût à l’aspartame, merci regret au revoir.

Ta vie, tu veux qu’elle goûte l’impuissance ou l’intensité ?

Depuis que j’ai fait le choix d’ouvrir le robinet, de cheminer vers la meilleure version de moi-même, de ne plus négocier avec ce que je veux vraiment, clairement j’ai plus besoin de cette fausse intensité. J’en bouffe – de la vraie – à toutes les sauces. Et c’est bien plus savoureux que n’importe quelle histoire d’amour tordue ou rêve avorté, n’importe quelle cuite, n’importe quel « si j’avais… ».

Bref, l’intensité elle est dans la vie, pas dans les histoires que tu te racontes à son sujet. (D’ailleurs, on attend toujours de savoir ce que Roméo et Juliette auraient donné avec deux gosses, une 307 et un épagneul breton. Bien pratique d’être morts à 15 ans.)

Comment reprendre le pouvoir sur tes regrets ? Comment aiguiser ton regard pour repérer où tu investis de l’énergie pour rien ?

L’honnêteté radicale, ça s’entraîne. Avancer dans la direction que tu veux sans aucun compromis sur ton ambition, tes besoins et tes désirs, c’est un choix que tu renouvelles tous les jours.

L’équation pour y arriver ? Choix choix choix + écoute fine de tes désirs et besoins + prise de recul sur tes actions. Le coaching est l’un des espaces où tu peux faire ça.

Si tu veux en finir avec la fausse intensité pour pas plonger la vraie, envoie ta demande de coaching ici, je serais ravie de t’accompagner à bouter l’impuissance hors de ta vie.

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