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Calfeutrée chez moi avec mon crew (aka mon mec et mon chien), pour l’instant épargnée par le coronavirus, j’ai le temps de me gratter les neurones sur la question : comment mettre à profit cette période de confinement et en faire une opportunité pour évoluer ? Telle une grosse boule de bowling, le COVID-19 a fait un strike dans nos projections pour l’année 2020. Prévisionnel, projets, espoirs, plans sur la comète : il a suffi qu’un mec bouffe un Pangolin dans le Wuhan pour tout envoyer valser.

Face à ce qu’on ne contrôle pas et qui nous emmerde, il n’y a que deux attitudes possibles : se plaindre de ce qui nous tombe sur la gueule, ou bien saisir chaque opportunité pour apprendre et évoluer. Si cette option te tente plus que de stocker des Barilla en geignant sur ton sort, voici quelques conseils et inspirations pour avancer en ces temps incertains.

Première étape : accepter la réalité telle qu’elle est

Je sais, plus facile à dire qu’à faire, surtout si tes enfants rejouent actuellement le Livre de la jungle en slip dans ton salon.

Mais les circonstances extérieures sont ce qu’elles sont. Toute énergie consacrée à souhaiter que la réalité soit autrement est de l’énergie gaspillée.

Du coup, tu peux choisir d’accepter ce qui est (= on est tous confinés pour une durée indéterminée) ou bien continuer à jeter ton énergie par la fenêtre en te disant que ça devrait être autrement.

Ne pas batailler avec la réalité ne signifie pas être coupé·e des émotions que la situation déclenche : tu peux éprouver de la peur, du stress, de la tristesse, de la colère… Ça paraît sain, logique. Le coronavirus nous plonge dans un bain d’incertitude, que les humains supportent encore moins que Minette l’eau froide. Non, on ne sait pas comment la pandémie évoluera, ni quel impact elle aura sur nos activités et nos vies. Il n’y a pas de date de sortie de la crise, juste des hypothèses qui se périment au bout de 12h. Plus encore que le danger, c’est vraiment l’incertitude qui nous terrorise.

Lire aussi : L’incertitude est un passage obligatoire

Il y a aussi des bipèdes plus à l’aise avec ce contexte. Dans mon entourage, j’ai plein de personnes curieuses ou excitées par la situation, stimulées dans leur créativité, heureuses d’avoir un peu de répit, impatientes de voir comment les cartes seront redistribuées… Et c’est OK de ressentir ça aussi, personne n’est obligé de se sentir mal parce que nous sommes tous assignés à résidence par une pandémie et que certains souffrent de la situation.

Il n’y a pas à se demander si ce que tu éprouves est approprié, légitime ou de circonstance. C’est ce que tu ressens, that’s all. Plus tu mettras du jugement (ou un couvercle) là-dessus, plus cet émotionnel sera douloureux et envahissant.

Lire aussi : Pourquoi rejeter la peur te condamne à l’immobilité

Peut-être redoutes-tu qu’en te laissant traverser par la peur (à tout hasard), tu te retrouves englouti·e par la panique ? Ça n’arrivera pas. En revanche, si tu continues de la fuir, OUI elle sera obligée de crier plus fort pour que tu l’entendes. Elle va se maintenir, grossir, et tu vas chercher à l’étouffer avec des décisions stupides, inutiles et/ou dangereuses (du genre voler des masques de protection ou stocker 144 rouleaux de PQ chez toi pour te construire un simulacre de sécurité). Bref, c’est parce que tu ne reconnais pas une émotion qu’elle monte en régime. Pas l’inverse.

On a l’habitude de conchier nos émotions « négatives ». Pourtant, si elles n’existaient pas, alors il n’y aurait pas d’émotions « positives » non plus. Sans dangers, il n’y a pas de sécurité ; sans contraintes, pas de liberté. Si « tout » vient sans son contraire, ça ne marche pas. Les nuances et surtout les polarités sont indispensables à nos vies. Donc si tu veux gagner du temps et de l’énergie, prends le côté pile comme le côté face de la pièce.

Deuxième étape : changer de regard sur la crise

L’idée de ce billet n’est pas de célébrer le coronavirus de s’être pointé, encore moins d’occulter le danger qu’il représente. Je ne fais ni dans l’optimisme béat, ni dans l’inconscience : juste dans l’acceptation de la réalité et dans la prise de responsabilité. Car oui, même si c’est difficile à admettre, c’est dans les situations les plus critiques que se trouvent à la fois les plus grands dangers et les plus grandes opportunités. Refuser de voir ces opportunités de changement, c’est se priver d’une occasion en or d’évoluer. Par exemple, cette pandémie qui révèle les fragilités d’un système de santé au bord du gouffre est une occasion de remettre nos priorités au bon endroit. À voir ce que nous en ferons…

Si tu as déjà vécu des évènements difficiles (maladie, deuil, rupture, etc.), tu sais combien ces épisodes sont à la fois douloureux et profondément transformateurs – si tu sais te saisir de l’occasion, évidemment. Combien de changements de vie après l’annonce d’une affection grave, la mort d’un proche, un accident, un divorce ?

Ce n’est pas le confort ou la routine qui permettent l’adaptation, l’évolution, la progression, mais bien l’inconfort, les obstacles et les chocs. Il est ultra rare qu’on engage une transformation quand tout va bien et que nos besoins sont satisfaits. L’Humain ne change que lorsque sa situation est trop douloureuse ou pénible. Malheureusement, ça peut prendre des plombes, compte tenu de nos très hauts degrés de tolérance à la souffrance…

Troisième étape : prendre ses responsabilités

Concrètement, le coronavirus impacte peut-être déjà ton activité. Il a des conséquences sur la mienne aussi. En rendant la rencontre physique impossible, en limitant les possibilités de sortie au strict nécessaire, il fait peser de lourdes contraintes sur nos business (sauf si tu fais dans le papier chiottes, évidemment) et nos vies.

Pour reboucler avec ce que j’ai dit précédemment, là tu as deux options : dépenser ton énergie à te plaindre et regretter la situation, ou bien empoigner cette opportunité pour évoluer.

Depuis l’annonce de la fermeture des écoles, j’ai vu les indépendants se regrouper pour s’entraider et faire valoir leurs intérêts. Certains créent des webinaires et des task force pour réfléchir ensemble à des solutions et sortir grandis de l’épreuve 🤩 Mais hélas, il y a aussi beaucoup de déresponsabilisation : on cherche un moyen de refiler à quelqu’un d’autre (en l’occurrence l’État ou un syndicat) la responsabilité de nous sortir de là : « Mon activité plonge, qui va me payer ? ».

Alors oui, il y a des situations qui nécessitent des mesures d’urgence – genre t’as plus de rentrées d’argent, zéro tréso d’avance et des charges à payer. Non, tu vas pas te laisser crever de faim pour la gloire de t’en être sorti·e par tes propres moyens (ou pas, donc).

Prendre ses responsabilités, ça veut pas dire jamais demander de l’aide.

Mais c’est pas non plus être indemnisé·e par l’État tout au long de la crise pour reprendre ton business as usual dès que possible.

Si dès les premiers jours de confinement, tu te retrouves avec le couteau sous la gorge, ça pose question sur les choix que t’as fait (ou pas fait) pour que tes finances soient aussi fragiles. Et c’est pas toujours agréable ou confortable de constater qu’on a merdé, perdu du temps, pris les mauvaises décisions (ou pas pris de décision du tout).

Mais c’est cette capacité à prendre du recul et regarder la réalité avec honnêteté qui va faire la diff’, car elle te permet d’apprendre, saisir des opportunités et te bouger pour trouver un modèle d’activité plus rémunérateur, plus résilient, plus kiffant… Et plus aligné avec ce que tu veux vraiment.

Alors maintenant qu’on est enfermé·es chez nous, forcé·es de ralentir, je t’invite à te poser ces quelques questions :

  • Quelle est pour toi la meilleure façon d’employer ce temps de confinement ?
  • De quoi tes clients ont-ils besoin à ce moment précis ? Comment peux-tu les aider ?
  • Qu’est-ce que cette situation inédite t’apprends sur toi, sur ta vie et sur ton activité ? Remet-elle en cause ta foi en ce que tu fais ?

Pour finir : quelques inspirations pour la route

J’ai longuement cherché des exemples inspirants pour t’aider à t’adapter et te réinventer dans cette période bizarre.

Les rares histoires d’agilité face à une crise que j’ai trouvé concernent de très grosses entreprises, et les exemples sont très managériaux. Il y a des choses à prendre, même si c’est pas le plus adapté pour des indépendants. Si ça t’intéresse, tu peux regarder ces livres :

Sinon, voici mes pistes pour traverser la pandémie de COVID-19 comme entrepreneur, saisir les opportunités qu’elle offre… Et voir plus loin !

Joue la collectif

Si tu travailles seul, tu peux monter un groupe de co-développement en ligne pour échanger idées, conseils, ressources, etc. et ensemble trouver des solutions aux problèmes de chacun. L’émulation collective est un excellent moyen de sortir la tête du sable.

Implique ton équipe dans la recherche de solutions (et dans la prise de décisions)

Si tu es à la tête d’une TPE ou d’une petite start-up, tu peux aussi convoquer une cellule de crise avec tous tes associés/employés pour réfléchir collectivement sur les problématiques de ta boîte.

En cas de retard ou baisse de rémunération, ils comprendront d’autant mieux les mesures qu’ils auront été impliqués dans la prise de décision.

D’une manière générale, la gouvernance partagée est un excellent modèle pour mieux résister aux crises : quand les responsabilités sont bien réparties et endossées par chacun, le départ d’un membre ne met pas toute la boîte en péril, la créativité est stimulée, et l’engagement / implication nettement meilleurs.

👉 Le TED de Simon Sinek sur le leadership reprend les grandes idées de son livre et détaille quelques exemples d’entreprises qui ont su adapter leur modèle via un management intelligent et l’implication du collectif.

Coupe les dépenses inutiles

Tu auras sans doute moins de rentrées d’argent dans les mois qui viennent. C’est le moment de faire le ménage dans tes abonnements, outils payants, collaborations et autres charges mensuelles en te demandant : cette dépense est-elle vraiment utile ? Peut-elle avoir un effet levier pour mon activité ?

Mets-toi à jour sur ce qui traîne

Ralentissement imposé, ça veut dire que tu peux enfin faire ta compta, trier tes dossiers, préparer du contenu d’avance, mettre à jour ton site web, dialoguer avec tes clients, repenser tes offres, te former…

Interroge ton rapport au temps

Fini, le métro-boulot-dodo ! La pandémie bouleverse nos horaires. Tu as enfin du temps, à quoi vas-tu l’employer ?

Cette période, c’est aussi l’occasion de te reposer, lire, passer du temps en famille, cuisiner, jouer de la musique, écrire, rien faire du tout… Lâcher prise, ça va de pair avec “accepter la réalité” : le ralentissement est imposé, pourquoi ne pas en profiter ?

Ces moments slow t’offrent l’opportunité de questionner ton rapport au temps : priorises-tu vraiment ce qui compte le plus pour toi ? La gestion de ton business te laisse-t-elle du temps pour prendre soin de toi, faire d’autres activités ?

Challenge ton modèle économique

Les crises comme celles-ci peuvent agir comme des révélateurs de fragilité. Dépendre d’un seul client, d’un seul canal d’acquisition, d’une seule offre, etc. ça signifie qu’en cas de choc, tu t’exposes à plus de dégâts.

Regarde ton business : tu as une mission et une zone de génie, mais tes offres en exploitent-elles vraiment toutes les possibilités ?

Par exemple, si tu es sophrologue en cabinet, que peux-tu faire pour aider tes clients en dehors de tes locaux ? Écrire un livre ? Proposer des formations en ligne ? Des accompagnements à distance ? (Et ça vaut dans l’autre sens aussi : si tu es consultant en marketing et 100 % en ligne, que peux-tu proposer pour éviter la banqueroute à la première panne d’Internet ou d’électricité ?)

👉 Pour des idées de diversification / renouvellement de ton modèle économique, je te conseille cet article avec les exemples de Lego, du Club Med, de Casino… Tu peux également regarder comment Netflix a complètement changé d’activité (de la location de DVD par Internet au streaming) sans toucher à son cœur de mission (que le divertissement vienne à toi sans que tu lèves ton petit doigt).

Prépare ton pivot ou ta reconversion

L’épidémie a profondément bousculé tes croyances et te fait douter de ce que tu fais ?

L’avantage du freelancing ou des toutes petites structures, c’est la flexibilité et l’adaptabilité.

Tu peux changer tes offres, ta cible, voire même ton métier en peu de temps, sans forcément changer de statut ou de structure juridique.

Et même si tu étais amené·e à complètement changer de direction, tu ne recommencerais pas tout à zéro : il y a mille et une façons d’utiliser tes talents, d’exprimer ta personnalité, de mettre à profit tes qualités. Quant aux compétences, ça s’acquiert !

LA question à te poser : de quoi as-tu VRAIMENT envie, en dehors de toute considération de difficulté / faisabilité ?

J’espère que ces pistes t’auront été utiles. Si tu en as d’autres, je t’invite à les partager dans les commentaires 🙂 !

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