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J’ai commencé la semaine avec des symptômes assez critiques. Lundi matin, en me levant, j’avais le full package : nausée, maux de ventre, jambes flageolantes, bouffées de chaleur, cœur qui s’affole… Mais, mais… Qu’est-ce le fuck ? D’où sort ce bordel ? Ce bordel, Mesdames et Messieurs, s’appelle la trouille. Et j’ai vite fait le lien avec les évènements récents :

  • Fin de semaine dernière, j’étais à Paris pour signer un contrat d’édition. Je sors en fin d’année un livre avec mon blog La Révolution des tortues sur un sujet qui m’obsède depuis quelques temps : l’écologie et le bonheur.
  • Puis j’ai enchaîné sur 2 jours de formation très intenses en coaching. Passionnant, excitant, remuant, challengeant : bref, pas de tout repos.
  • Et enfin, cette semaine, ce sont les premiers entretiens avec des clientes arrivant des Aventurières. Ça y’est, je suis membre d’une équipe de coachs, et pas n’importe laquelle. Une équipe follement ambitieuse, follement exigeante, composée de meufs que j’admire toutes pour leur personnalité et leurs talents. Et des clientes issues de cette folle communauté comptent sur moi pour les aider.

Bref, je sais que ma transformation en un énorme amas tremblotant de trouilles est lié à tout ça. Au fait que des choses qui me tiennent vraiment à cœur se concrétisent, et que ça me challenge beaucoup. On n’est plus sur du rêve, on n’est plus dans-l’arène-mais-contre-la-grille-pour-pas-qu’on-me-voie-trop. On est au milieu de l’arène, en train de rugir. C’est du kif en barre. C’est terrorisant. Et c’est ok.

J’ai rarement eu autant les pépètes, et en même temps, pour la première fois je regarde ces symptômes avec amusement. J’aurais jamais pensé pouvoir être à la fois aussi mal, et aussi détachée. Il y a quelques mois, je me serai ruée sur le thermomètre en visualisant déjà mon nom sur la liste des victimes du coronavirus. Et constatant que j’étais pas malade, mais juste en train de souiller mon pantalon, j’aurais enchaîné crise de larmes sur crise de larmes en saoulant mon mec sur quel être faible et ridicule et imposteure et qui mérite pas de vivre je suis. (Oui, ce garçon a du mérite.)

Au lieu de quoi, j’ai observé ce qu’il se passait dans mon corps. J’ai reconnu ma peur, et j’ai décidé de ne pas lui laisser le volant.

Ce n’est pas la peur qui doit disparaître

Il y a un fantasme répandu chez les entrepreneurs : l’idée que la peur est une étape, un passage obligatoire au début et puis après ciao. Terminé les crises d’angoisses et les aller-retour précipités aux toilettes. Hello confiance en soi débordante et parfaite maîtrise de ce que je fais.

Pendant ce temps, ta peur elle fait genre :

Si tu attends que la peur disparaisse pour agir, tu ne construiras JAMAIS l’activité et la vie que tu veux. Croire qu’un jour, la peur ne fera plus partie du game, c’est tellement mais tellement à côté de la plaque. Pire, ça entretient un immobilisme et ça nourrit ton syndrome de l’imposteur déjà bien gras.

Bref, c’est vraiment du sabordage. Et t’as deux façons de le faire :

  • Tu sais que la peur t’empêche d’avancer, mais tu restes bloqué•e à la contempler, en mode : “C’est trop dur, je peux pas”, et plus tu restes immobile, plus tu es persuadé•e d’être une petite chose trop fragile pour endurer les secousses de la vie. Là, tu fais le choix conscient de l’impuissance.
  • Tu penses être en train d’agir en te racontant des histoires pour repousser le passage à l’action : “Je chercherai des clients quand je serais formé•e / quand j’aurais clarifié mon offre / quand j’aurais apaisé mon rapport à l’argent / blablabla.” Ce qui en fait, n’est que variations sur “quand les poules auront des dents.” Tu fais le choix inconscient de l’impuissance, même si tu es persuadé•e du contraire.

Qu’elle soit consciente ou non, c’est une décision de laisser la peur te contrôler et te bloquer. Et c’est très problématique pour le développement de ton activité d’entrepreneur.

Tu peux préparer tout ce que tu veux, réfléchir, clarifier, affiner dans ton coin, bien caché•e derrière ton écran d’ordinateur… Ça ne fera que muscler la trouille.

Il n’y a qu’une façon de passer à l’étape d’après, quelle qu’elle soit : te lancer. Que ton prochain challenge soit de décrocher tes premiers clients, créer une nouvelle offre, trouver des financeurs, monter une équipe, etc., peu importe. Ce sera toujours effrayant de se lancer. Et toujours incontournable pour avancer.

Il n’y a pas de raccourci pour accéder à la partie du chemin où il n’y a plus de peurs… Parce que ce chemin n’existe pas, tout simplement. La peur est un compagnon de route de l’entrepreneur. Elle est inhérente au passage à l’action, surtout aux premières fois. Et des premières fois, il y en aura tout le temps, où que tu en sois dans ton aventure. Il n’y a que le sujet qui change. (Sauf si tu restes intentionnellement immobile, ce qui nous ramène à la case départ sans toucher 20 000 $.)

C’est ton rapport à la peur qui doit changer

Beaucoup de choses ont bougé pour moi depuis cet été, notamment mon rapport à la peur.

Il n’y a pas si longtemps, je n’avais que deux modes :

  • Je repousse le passage à l’action en me racontant des salades à base de “j’irai quand je serais prête” (jamais, donc.)
  • J’y vais même si j’ai peur, mais en version ultra-violente. Je me méprise tellement d’avoir les chocottes que je vis un supplice, passe une semaine entière avec la gerbe et suis à deux doigts de m’évanouir en montant sur scène. À l’approche de l’évènement en question, je me fais une périostite, je frôle l’implosion et prends une semaine de vacances en urgence juste après pour m’en remettre (#truestory).

On pourrait croire que la 2e option est quand même une victoire : au final, j’ai réussi à parler devant 300 personnes sans m’évanouir, en les faisant rire et réfléchir, et des gens sont même venus me féliciter pour ça. Mais en fait non. Ça a été d’une telle violence que je n’ai ressenti aucune fierté après coup, simplement un immense soulagement que j’ai noyé dans 2L de bière le soir-même.En y allant sans reconnaître et accepter ma peur, j’ai totalement musclé mon impuissance. D’ailleurs, la conclusion de cet évènement a été : plus jamais. J’ai imprimé dans ma tête que c’était trop pour moi, que je n’en étais pas capable. Bref, inconsciemment j’ai tout fait pour que ce soit la peur qui décide, encore et toujours.

Ce qui a changé ces derniers mois, c’est que je ne suis plus OK avec ça. Le coaching m’a offert un espace pour observer ça et reprendre du pouvoir dessus : je comprends que la peur sera toujours là, j’abandonne le fantasme de m’en débarrasser à tout jamais. Et surtout, je n’accepte plus que ce soit elle qui décide.

J’ai pu observer cette semaine combien les choses avaient bougé. Je me suis levée nauséeuse et limite fiévreuse. Je me suis écoutée pour voir si j’avais vraiment besoin de repos ou si c’était juste mon ego qui me faisait une méga-crise d'”au-secours-tout-fout-le-camp-me-dis-pas-qu’on-va-vraiment-y-aller”. C’était bien mon ego. Je lui ai susurré que tout irait bien, et j’y suis allée. Avec peur mais aussi curiosité, excitation, impatience.

Au final, la trouille s’est tue dans le feu de l’action. Le résultat ? Beaucoup de plaisir, la fierté durable d’avoir fait de mon mieux avec ce qui était là, et l’envie urgente de recommencer !

L’idée c’est pas d’avancer sans peurs. Ni d’avancer contre la peur. C’est d’apprendre à faire avec.

Et toi, est-ce que tu décides d’avancer avec la peur ?

D’autres articles sur la posture d’entrepreneur :
👉 Tu préfères sauver la face ou avancer ?
👉 Ils te diront que c’est impossible d’en vivre

PS : J’ai galéré de ouf à trouver une image libre de droits de femme faisant un saut dans le vide, ça m’a rendue dingue. Tu tapes “woman jumping”, t’as que des images niaiseuses de femmes sautant sur place en mode “youpi c’est génial une pelouse” (pardon si tu fais ça sur tes photos de vacances, mais non), OU des photos de meufs en bikini qui barbotent langoureusement dans l’eau. L’humain qui se jette au-dessus d’une cascade cramponné à une liane ? Un homme. L’humain qui saute d’une falaise de 10 m de haut ? Un homme. Groumpf.

💟 Tu veux être la badass qui saute dans le vide et accueille l’intensité dans sa vie ET dans son business ? Tu en as fini avec la peur qui te cloue au sol ? Envoie ta candidature pour un coaching individuel et on trouvera la formule adaptée pour que les chocottes ne t’empêchent plus d’aller vers ce que tu veux vraiment. Si t’es plutôt tentée par un coaching de groupe, écris-moi avec “Coaching de groupe” en objet et en me décrivant ta situation, parce que j’ai une offre qui commence à sérieusement me trotter dans la tête.

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