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Cet été, j’ai terminé mon premier ultra-trail. 80 km dans la montagne, au cœur des Pyrénées. C’était complètement fou : quand j’y repense, j’ai encore des étoiles plein les yeux 🤩 et la poitrine qui gonfle de joie et de fierté.

Je vais pas te dire que j’ai pas souffert, parce que quand tu fais du trail tu viens un peu pour ça : tester tes limites, te dépasser, renouer avec ce que t’as de guerrier et de sauvage. Je te rassure, je suis pas complètement maso non plus. J’ai vu des paysages magnifiques, respiré de l’air frais, profité de la solidarité entre coureurs et du fromage aux ravitos.

J’aime tellement ça que je pourrais t’en parler pendant des heures… Mais je suis pas venue pour te faire empoigner un camel back ; plutôt pour te partager ce que le sport m’a appris sur l’entrepreneuriat. Car en repensant à ces mois d’attente, d’excitation et d’inquiétude, j’ai réalisé que beaucoup de choses faites dans ma préparation sportive étaient directement applicables à ma vie professionnelle.

Cet article t’es donc destiné, même si tu penses que la course est un sport de dégénérés.

Et si tu trouves des parallèles avec ta propre pratique ou tout autre passion, ou si tu as d’autres apprentissages à partager, n’hésite pas à le faire dans les commentaires 🙂

1) Quand le point d’arrivée est clair, le passage à l’action est simple

Quand j’ai pris mon dossard 9 mois avant la course, je ne me suis pas dit : “80 km ? OHMAGOD ça fout trop les jetons et puis c’est dans longtemps et puis il y a tellement de trucs à bosser qu’au lieu de m’y mettre je vais plutôt paniquer.”

Pourtant, c’est une réaction assez fréquente face à un gros challenge professionnel, comme un lancement d’activité, un nouveau projet, une conférence à préparer… (Toi-même tu sais.)

Pourquoi est-ce que cette fois, je suis entrée directement et simplement dans l’action ?

Parce que l’objectif était très clair : courir 80 km en montagne.

Je ne me suis pas demandée si je voulais faire 50 ou 100, si c’était dans les Pyrénées ou en Vendée… J’ai choisi une course datée, pour laquelle j’ai payé mon dossard. L’objectif était posé, je savais exactement pour quoi je m’entraînais.

Et quand le point d’arrivée est très clair, le passage à l’action est simple.

Même si l’objectif est terrifiant.

2) Quand l’objectif paraît trop gros et trop lointain, on le découpe en rondelles

La suite a déroulé très logiquement : pour me préparer, j’ai découpé mon objectif en rondelles – comme du saucisson, exactement.

Et plus il est gros (l’objectif) plus il faut le découper.

Je n’ai pas cherché à mettre le husky avant le traineau : d’abord retrouver mon endurance, puis progresser en côtes, puis terminer un 56 kilomètres, etc. J’ai fait les choses dans l’ordre, en respectant ma progression.

Je n’ai pas non plus essayé de tout travailler en même temps. Certains jours, c’était endurance, d’autres renforcement musculaire, d’autres encore montées/descentes…

Régulièrement, j’ai réévalué mon plan d’entraînement, et je l’ai modifié quand il le fallait.

Bref, pour gravir une montagne, d’abord tu décides quelle montagne, puis tu y vas une marche à la fois.

progresser sport et entrepreneuriat

3) Pas de résultats sans motivation et sans assiduité

L’autre point important de ce programme d’entraînement, c’est que je m’y suis tenue.

Bien sûr, j’ai entendu chanter les sirènes du mojito en terrasse à l’heure où je devais enfiler mes baskets.

Mais si le premier apéro venu te détourne de ton objectif, c’est peut-être qu’il faut requestionner tes motivations.

Peut-être que ce ne sont pas les bonnes, et dans ce cas, ton objectif n’est pas le bon. Et c’est pas grave : tu as le droit de changer d’objectif, plutôt que de t’obstiner dans une direction qui n’est pas vraiment celle où tu veux aller.

Bien sûr, il y a des jours où ça m’a coûté, des jours où j’avais la flemme et où j’aurais préféré manger des chips sur mon canapé en regardant une énième rediff’ de Friends.

Dans ces moments-là, ma ressource a été de me souvenir de POURQUOI je voulais faire ça : pour me gaver de paysages fabuleux, pour ce tête à tête avec moi-même, pour m’émerveiller des capacités de mon corps, pour les émotions incroyablement fortes qui nous traversent lors de ce genre d’exploits sportifs. J’ai pas mal utilisé la visualisation (m’imaginer franchissant la ligne d’arrivée le sourire aux lèvres et des larmes de joie dans tous les sens) pour retrouver la motivation quand elle sautait par la fenêtre. Et ça a marché : j’ai franchi la ligne d’arrivée le sourire aux lèvres et des larmes de joie dans tous les sens.

Désormais, quand je me lance dans un gros projet pro, je me note mes motivations pour les invoquer dans les moments de stress et de doute et garder le cap.

4) Mieux vaut travailler ses talents, dans le sport comme dans l’entrepreneuriat

Pendant mon entraînement, j’ai certes bossé mes points faibles (renforcer mes chevilles en mousse, préparer mes petits muscles aux 5 000 m de D+) mais surtout, j’ai travaillé mes points forts.

Plutôt que de me coltiner que des entraînements chiants sur mes lacunes, j’ai cherché à me faire plaisir : j’adore les descentes, c’est là que je vais vite et surtout que je m’amuse. Alors j’ai travaillé ça. Sur les côtes où je m’entraînais, je montais en marchant, et pour me récompenser, je descendais à toute vitesse.

En course, mon objectif est toujours le même : minimiser mes souffrances en montée, m’éclater en descente et sur le plat. À chaque fois, j’essaie de faire un peu mieux en montée, mais surtout beaucoup mieux en descente. Et ça marche : non seulement, j’éprouve du plaisir et de la joie, mais en plus, je gagne des places (ça reste une course, souvenez-vous).

Si vous connaissez l’ancien skieur acrobatique Edgar Grospiron, vous savez peut-être que ce n’était pas le meilleur techniquement parlant. Mais c’était le plus rapide, et ça lui a valu de nombreuses médailles. Aujourd’hui, il est conférencier sur la motivation et le leadership, et ses mots m’ont beaucoup marquée : “Plus je skiais vite, moins on voyait mes fautes techniques.” Idem pour Laure Manaudou, à qui on a reproché de ne pas suffisamment utiliser ses jambes en crawl… Alors que la technique de ses bras est juste parfaite.

Bref, dans l’entrepreneuriat c’est la même chose.

On vient pas te chercher sur ce que tu sais à peu près faire. On veut bosser avec toi sur ce truc dont tu parles avec les yeux brillants, pour lequel t’es excellent et chaque jour encore un peu meilleur.

Alors, c’est quoi les talents ?

5) Le temps s’utilise et s’organise

C’est drôle comment ça m’a paru simple de prendre un dossard pour une course qui aurait lieu dans 9 mois ; et comment j’ai des palpitations chaque fois qu’on me demande de fixer un rendez-vous pour dans 3 semaines.

Avec cette course, je me suis donné un objectif lointain, sans me dire « ouuuh là mais attends je sais pas où je serai dans 9 mois ». Je me suis organisée en sachant que ce week-end d’août était pris, et que j’aurais besoin d’y arriver préparée.

C’est aussi simple que ça.

J’aurais pu ne rien faire en pensant à toutes les occasions que je pourrais manquer en bloquant une date si longtemps à l’avance. Mais je ne me serai pas donné les moyens d’être finisher d’un ultra-trail, et d’en tirer une joie et une fierté de dingue.

Ton temps, c’est toi qui décide de ce que tu en fais : tu n’as pas besoin d’attendre que les circonstances ou les autres le fassent pour toi. Tu n’es pas obligé de toujours t’adapter à des calendriers qui ne sont pas le tien. Ni de laisser la porte ouverte à des occasions hypothétiques. Surtout quand tu peux créer les opportunités qui te semblent justes, et alignées avec où tu veux aller.

6) Inutile de vouloir maîtriser l’inconnu

Lorsque je me suis engagée dans cette course, je savais qu’il me faudrait me préparer pendant des mois, sans garantie d’être prête le jour J.

J’ai osé me lancer malgré le très grand nombre d’inconnues – et même, soyons honnête, les chances modérées de succès. Sur un ultra-trail, les abandons sont fréquents car TOUT peut mal se passer : temps de merde, bide en vrac, crampes, panne de moral, jambes en kit, blessure…

J’ai fait tout ce qui était en mon pouvoir pour réduire l’incertitude :

  • Je me suis entraînée de mon mieux, avec un programme adapté à mes capacités et à mon objectif.
  • J’ai limité les risques (blessure, problèmes gastriques…) en testant mon équipement avant le jour J.
  • J’ai essayé de me reposer la semaine précédant la course, histoire de pas arriver sur les rotules.

Même en faisant tout ça, il restait beaucoup d’inconnues. Des inconnues sur lesquelles je n’avais AUCUN pouvoir. Alors je les ai acceptées. Sans me poser de questions, sans me dire que si ça ne se passe pas comme prévu j’aurais fait tout ça pour rien ou que j’allais décéder de honte de m’être ratée.

Quand tu te lances dans une aventure entrepreneuriale, c’est pareil. Il y a des projets qui nécessitent d’investir beaucoup de temps et/ou d’argent, sans garantie de succès. Voire avec une probabilité d’échec élevée.

En te concentrant sur ce qui peut foirer plutôt que sur ce que tu peux faire, tu dépenses de l’énergie pour rien. Beaucoup d’entrepreneurs se plantent ou arrêtent pour cette raison : parce qu’ils tentent de maîtriser l’inconnu, plutôt que de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour que ça marche.

préparation sport et entrepreneuriat

7) L’échec est provisoire, dans le sport comme dans l’entrepreneuriat

Pendant ces longs mois, je me suis aussi préparée à l’éventualité d’échouer.

Entends-moi bien : je voulais réussir, et j’ai tout mis en œuvre pour y arriver.

Mais j’ai suffisamment d’amis coureurs plus expérimentés pour savoir que la meilleure préparation du monde ne garantit pas de franchir la ligne d’arrivée.

Je n’ai pas fait ça pour me trouver des excuses à l’avance : je voulais simplement éviter de tout mélanger. Alors, je me suis écrit une lettre. Une lettre pour y voir clair, que je pourrais relire après la course, en cas de déception.

Dans cette lettre, je me suis noté que :

  • J’ai échoué une fois, pas définitivement.
  • Je n’ai pas terminé une course de 80 km, rien d’autre : ça ne dit rien de ma valeur en tant qu’individu, ni de mes capacités.
  • J’ai fait de mon mieux avec les moyens du moment et n’ai pas à me blâmer pour ce qui n’est pas de mon ressort.
  • J’ai des enseignements à tirer de cette expérience pour en faire une belle opportunité de progresser.

Bref, je me suis mis des outils à disposition pour mieux encaisser, si besoin.

Ça n’aurait pas empêché la déception, mais ça m’aurait permis de mieux rebondir (et ces réflexions m’ont déjà servi sur d’autres courses qui se sont moins bien passées…).

À ce sujet, je te conseille l’excellent billet de Myriam, créatrice de la marque La Révolution Textile qui a fermé récemment et dresse le bilan de 5 ans d’aventure.

8) Qui veut voyager loin se ménage au quotidien

Avec le sport, j’ai découvert l’impérieuse nécessité de prendre soin de moi. J’ai toujours détesté me faire des soins, être massée, etc. : à mes yeux, c’était une perte de temps.

Mais depuis la préparation de mon premier marathon, j’ai réalisé que je ne pouvais pas en demander autant à mon corps sans le remercier et lui accorder du repos.

Pendant ces mois d’entraînements, je me suis faite masser à plusieurs reprises. J’ai soigné mon alimentation pour favoriser ma récupération. Je me suis accordé des siestes. J’ai pratiqué la gratitude (je te jure).

Dans l’entraînement lui-même, j’alternais les séances difficiles et les séances faciles, où mon corps travaillait quand même, mais moins intensément. Ces séances dites “d’assimilation” sont INDISPENSABLES pour progresser.

Parce que si t’es toujours à fond, tôt ou tard tu finis par péter.

Quand je n’ai pas envie de courir, j’essaie toujours de savoir si c’est une petite flemme ou un vrai besoin de repos. Dans le premier cas, j’y vais quand même. Dans le second en revanche, j’annule ma séance sans états d’âme.

Parce que quand tu te lances un gros défi, dans le sport comme dans l’entrepreneuriat, c’est important de t’écouter et de prendre soin de toi. Même si ça contrarie ton plan parfait.

Parce qu’il vaut mieux faire une séance en moins que la séance de trop.

Quand tu bosses, il y a des jours où ton corps te dit stop, alors qu’il est midi. Parce que ce rendez-vous avec un gros enjeu t’a vidé ; parce que faire un live Facebook devant 10 personnes t’a terrorisé.

À toi de revoir tes exigences du jour ou de la semaine à la baisse si tu sens que tu en as besoin. Tu peux privilégier des tâches faciles, ou bien t’accorder du repos complet. T’es indépendant : c’est aussi pour cette liberté là que tu t’es lancé.

En France, ça fait bien de dire que tu bosses comme un fou, soirs et week-ends compris. Ça fait bien de dire que t’as pas le temps, que t’es débordé, que le repos c’est pour les faibles. C’est presque normal de carburer à 8 cafés par jour et de pas avoir pris de vacances depuis 18 mois.

Et puis un jour, PAF. C’est normal de faire un burn-out.

Mais là, c’est pas une semaine que tu vas passer au lit.

C’est des mois à manger des corn-flakes en pyjama Pokémon.

Si tu veux pas en arriver là, écoute-toi, et lève le pied quand c’est nécessaire, en prenant des vacances ou même un simple après-midi off de temps en temps.

9) On change tout au long de notre vie

Je me suis construite sur la croyance que j’étais non-sportive. Je me croyais feignante, chochotte et sans aptitudes physiques particulières.

Puis vers mes 24 ans, je me suis mise à aimer la course et le trail. Et je me suis découverte déterminée, dure au mal et compétitrice, avec même quelques facilités.

Le sport et l’entrepreneuriat m’ont changée, et surtout ont changé l’image que j’ai de moi-même. Aujourd’hui, je suis quelqu’un de sportif, j’ai de l’endurance et du mental. J’ai conscience de ces ressources et j’ai davantage confiance en moi, ce qui m’aide énormément dans mon quotidien trépidant d’indépendante.

Lire aussi : Ils te diront que c’est impossible d’en vivre

Si t’as besoin d’aide pour fixer tes objectifs, dérouler ton plan d’action, bosser tes points forts, mieux utiliser ton temps, lâcher prise sur l’inconnu, dédramatiser l’échec, te ménager ou t’autoriser à évoluer, on travaille sur tout ça en coaching. Pour en savoir plus et demander un accompagnement, écris-moi !

Et toi, qu’as-tu appris grâce au sport sur l’entrepreneuriat ?

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