Pourquoi est-ce que seulement 10 % des entrepreneurs avec des valeurs écolo et/ou sociales parviennent à dépasser le stade “je vivote de mon activité” ? (Le 10 % est purement arbitraire, j’ai pas de service statistiques chez moi.) Pas parce qu’il n’y a de l’argent ou un marché que pour 10 % des entreprises éthiques. Pas parce que seulement 10 % d’individus ont les capacités intellectuelles ou les ressources personnelles pour y arriver. Pas parce que 10 % d’entre eux pratiquent le miracle morning qui comme chacun sait garantit richesse, succès et retour de l’être aimé.

Stagner n’est pas une fatalité, pas plus qu’il n’y a de formule de magique pour sortir de cette situation où tu parviens à peine à joindre les deux bouts. En revanche, il y a un truc important à comprendre si tu veux arrêter de ramer pour trouver une poignée de clients qui t’en ramènent pas d’autres. Un truc subtil, et qui pourtant change radicalement la donne. Pour ça, il va falloir que tu vérifies le terreau dans lequel t’essaies de pousser.

Ce qui cloche quand tu veux sauver le monde

Pour arrêter de vivoter de ton activité, commence par regarder la promesse faite à tes clients. Qu’est-ce que tu leur vends ?

Souvent, c’est de réduire, restreindre, limiter, diminuer, minimiser, modérer, etc. un truc plus ou moins palpable (du genre nos déchets, notre notre impact, nos émissions de CO2, ou même notre cholestérol tiens.)

Ça, c’est l’argument de vente.

Et puis souvent ça s’arrête là.

Quand on gratte un peu, on trouve un ou quelques avantages pour le client (tiens, il est là lui) : des économies, du temps, du bien-être…

Mais ces avantages sont rarement autre chose que des tant mieux collatéraux (l’inverse des dommages collatéraux, donc).

Parce que dans le fond on est pas là pour servir le client mais pour sauver le monde. Les avantages qu’il en retire okay mais c’est secondaire. En gros.

Déjà là y’a quelques trucs qui grincent, comme :

  • le petit manque de considération pour celui qui va mettre la main au porte-monnaie pour acheter ton produit/service, qui mériterait quand même que tu te questionnes un peu sur ce que tu lui apportes ;
  • le syndrome du sauveur qui s’exprime ici et dont le mécanisme est : “je n’ai aucune estime de moi-même et ne supporte pas mes émotions négatives, je vais donc les fuir en volant au secours des autres/du monde, ce qui m’apportera l’amour et la validation que je n’arrive pas à m’accorder” ;
  • la légère mégalomanie de l’approche : on est 7 milliards sur Terre mais “j’estime que c’est à moi seul de sauver le monde entier”.

Moins sexy vu comme ça, pas vrai ?

Est-ce que tu vends de la bonne conscience ?

Le sauveur est toujours mu par de bonnes intentions. Alors pourquoi est-ce que ça déraille ? Où est-ce que ça déraille ?

Dès les fondements. On voit bien dans les termes négatifs qui reviennent constamment dans les discours (réduire, minimiser, etc.) que l’énergie derrière tout ça, c’est de la culpabilité. Tu entreprends mais en t’excusant (d’exister, de vouloir créer quelque chose, d’avoir un truc à dire…). Forcément, ça résiste. Ça ne peut pas se passer autrement.

Il se passe quoi quand tu essaies de pousser sur un tas de culpabilité ? Tu attires des personnes avec le même schéma, qui dans le fond s’en foutent de travailler avec toi : ce qu’ils achètent, c’est de la bonne conscience. Ils ne viennent pas pour ce que tu proposes : ils viennent au confessionnal se décharger de quelques péchés, puis retourner à leur vie telle qu’elle est.

Et comme tu peux le constater, ce ne sont pas ces clients-là qui deviennent tes ambassadeurs et te ramènent de nouveaux clients toujours plus kiffants par la magie du bouche à oreille. Bref, tout ça c’est pas exactement les fondations solides d’un business pérenne et épanouissant.

Lire aussi : 3 erreurs courantes des entreprises éco-responsables

Chasse la culpabilité par la porte, elle revient par la fenêtre

Ce n’est pas mal de ressentir de la culpabilité. C’est humain de ressentir de la culpabilité, surtout quand on appartient à la part de l’humanité la plus favorisée qui bouffe 3 planètes à elle seule.

Cette culpabilité existe : il ne s’agit pas de la nier, encore moins de chasser les prises de conscience ou les valeurs auxquelles elle est associée.

L’idée, c’est de pas laisser ton activité s’enraciner là-dedans.

Parce que c’est ça qui te maintient dans les 90 % d’entrepreneurs engagés qui se démènent sans jamais vraiment décoller.

Regarde autour de toi. Tu te demandes peut-être pourquoi est-ce que le changement c’est pas maintenant, malgré tout ce qu’on sait sur le dérèglement climatique and co ? À cause de ça, notamment : cette culpabilité latente, omniprésente… Qu’on essaie de faire taire par tous les moyens en croyant faire le bien.

Certains font l’autruche et lavent leurs cerveaux à grand renfort de consommation et de divertissement. D’autres agissent et s’agitent dans tous les sens pour lutter contre son sentiment d’impuissance. Parce que c’est affreux de goûter son impuissance, pas vrai ?

Pourtant c’est nécessaire.

Tout ce que tu essaies d’écraser en toi prend de plus en plus de place. Plus tu essaies de museler ta culpabilité, plus elle va grandir, se muscler et te bouffer ton énergie. Les émotions refoulées, c’est l’hydre de Lerne : tu leur coupes la tête, y’en a 3 qui repoussent.

À la clé, un réservoir d’énergie vide et un sentiment d’à quoi bon décuplé. Et si vraiment t’insistes, tu peux peut-être obtenir une promo sur la dépression ou le burn-out.

Laisse tes émotions négatives s’envoler (oui comme de petits anges partis trop vites)

Alors qu’est-ce qu’on fait à la place ?

Première chose : il faut vider.

T’as le choix sur les modalités : tu peux réserver une fury room pour aller péter des photocopieuses à coup de batte, mettre du Whitney Houston à balle et vider 16 boîtes de mouchoirs au fond de ton lit, ou tout autre procédé qui te convient.

Peu importe comment tu t’y prends.

Vide tout.

Vide régulièrement.

On résiste à nos émotions parce qu’on a peur d’être ensevelis, de s’y noyer. peur qui n’a rien de fondé, car une émotion ne fait toujours que passer.

Elle passe si tu la laisses s’exprimer.

Mais elle squatte si tu la fuis ou si tu tentes de l’étouffer.

Laisse-la te traverser et s’en aller rejoindre le paradis des émotions qu’on a vécu merci-pour-ce-moment.

Arrête de dépenser ton énergie à maintenir le couvercle sur une cocotte prête à exploser : soulève le couvercle, laisse tout sortir et redescend en pression.

Autant de fois que nécessaire.

Maintenant : qu’est-ce que tu crées ?

Ensuite tu peux revenir aux fondements de ton activité.

Je te le disais plus haut, l’idée c’est pas de te détourner de tes prises de conscience. OUI, c’est possible et économiquement viable d’entreprendre en étant parfaitement cohérent et aligné avec tes valeurs.

Mais ça passe par le partage de quelque chose qui n’a rien à voir avec le magma d’impuissance et de culpabilité que tu présentes peut-être aujourd’hui.

Ça suppose de baser ton activité sur ce en quoi tu CROIS plutôt que sur ce que tu CRAINS.

Ce que seulement 10 % des entrepreneurs engagés savent communiquer aujourd’hui, ça n’a rien d’extraordinaire et tout de magique à la fois. C’est leur vision. Une vision enthousiasmante et puissante.

Peut-être que tu limites ton impact, peut-être que tu produis moins de déchets. Tes clients apprécieront cette exigence et cette intégrité, mais ce n’est pas ce qui va les faire adorer travailler avec toi et te recommander à tous ceux qu’ils croisent. Ce n’est pas ça qui va faire qu’on vient te trouver parce que c’est TOI, et pas uniquement pour faire sa B.A.

Ce qui est déterminant pour eux, c’est où tu les emmènes.

Pas besoin d’inventer la machine à friser les caniches : la réponse est déjà là, en toi.

La vraie question à se poser : qu’est-ce que tu crées ?

Quelques pistes pour t’aider : Où se trouve l’abondance dans ce que tu proposes ? Quelles émotions veux-tu susciter ? Quelle énergie partages-tu ? Quelle expérience incroyable veux-tu faire vivre à tes clients ? De quoi veux-tu qu’ils se souviennent ? Comment vas-tu changer leur vie ?

Le rhum ne se fait pas en un jour. Si tu ne t’es jamais posé ce genre de questions, ta vision ne va pas sortir des flots telle l’Atlantide mais à l’envers, juste parce que tu t’es posé avec un papier et un crayon.

Observe ce qui résonne, prends le temps, note ce qui vient dans un carnet, jour après jour. Maintenant, tu sais dans quel rayon chercher le terreau dans lequel tu vas pousser.

Besoin d’inspiration ? Je te conseille cette interview de Virginie qui a créé Leora, une entreprise qui vend des écharpes de portage en matières naturelles et respectueuses de l’environnement, qui croule sous les demandes depuis son lancement.

💟 Si t’es en prise avec ta culpabilité et que tu veux que ça change, si t’as besoin d’aide pour gagner en clarté sur ce qui compte pour toi, et installer ton activité sur des bases solides, écris-moi à anaelle [a] freetheideas.fr ou via le formulaire de contact.
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