Fais passer le mot :
  • 52
    Partages

J’ai commencé ma vie de freelance comme rédactrice web. Et plusieurs fois au cours de cette aventure, j’ai croisé des personnes « plus expérimentées », qui m’ont assuré que c’était impossible de vivre en écrivant des articles.

Je me souviens d’un mec croisé à un événement, qui m’a ri au nez en me disant : « Rédactrice web ? Aha, moi aussi j’ai essayé de faire ça. »

Limite s’il m’a pas tapé sur l’épaule et ébouriffé les cheveux derrière.

Bien sûr, quand tu creuses un peu, tu apprends que le gars a écrit 7 articles dans sa vie, qu’ils les a facturés un tarif ridicule et qu’il trouvait ses clients sur des plateformes mettant en relation indépendants en détresse et usines à contenus de merde.

Forcément, dans cette configuration, c’est compliqué.

Mon interlocuteur, il s’est arrêté là. Il ne s’est pas dit : « Il doit y avoir un autre moyen ». Il a juste essayé d’une façon, échoué, et conclu que c’était impossible d’en vivre.

Depuis, il prodigue ses conseils avisés à toutes les soirées networking où il croise des rédacteurs web.

Des 1001 manières de vivre de l’écriture web

Peut-être que ce mec n’aimait pas suffisamment écrire pour persévérer dans cette voie. Et c’est ok, t’as le droit de préférer autre chose.

Ce qui pose problème, c’est d’en conclure qu’il est impossible de vivre de l’écriture web sans passer par la case « trimer 60 heures par semaine à écrire des comparatifs de chaudières pour gratter péniblement un SMIC ».

Comment générer un vrai revenu avec sa plume

Déjà à l’époque (je débutais), je pensais que ce gars se plantait.

Je ne savais pas plus que les autres où trouver des clients… Mais j’étais convaincue qu’ils n’étaient pas sur ces sites qui te promettent un flux régulier de commandes (les textmaster, scribeur, greatcontent et consorts).

Je refusais que ce soit le passage obligé de tout rédacteur web, qu’il fallait d’abord trimer là-dessus pour trouver des clients réguliers.

J’avais pas abandonné mon job salarié – dans lequel je ne trouvais plus de sens – pour m’abrutir derrière mon clavier et pleurer de gratitude quand on me file des fiches-produits de VMC à réécrire.

Mais je ne savais toujours pas où trouver des clients.

Je te fais une avance rapide sur mes erreurs (car il y en a eu moult), comme :

  • ces commandes largement sous-tarifées que j’ai accepté en échange de régularité (= besoin de sécurité) ;
  • ces articles qui me branchaient qu’à moitié voire pas du tout, mais auxquels j’ai dit oui pour grossir ma section “références” (= besoin de légitimité) ;
  • ces missions annexes que j’ai assurées plutôt que de me concentrer sur mon métier (= peur de manquer financièrement) ;
  • ces fois où j’ai accepté de donner des conseils sur la stratégie éditoriale de l’entreprise sans être payée pour ça (= problème de posture, syndrome de l’imposteur, etc.)

Mon expérience : un positionnement précis et assumé

J’ai fait toutes ces erreurs, et sans doute en aurais-je fait plein d’autres si j’avais continué comme rédactrice. Mais l’avantage des erreurs, c’est qu’elles nous apprennent des choses.

Je rêvais d’écrire pour des entreprises engagées, dans le secteur du développement durable, du bio, des circuits courts, de l’ESS, etc.

Au bout d’un moment, je l’ai affiché, sans ambiguïté :

  • J’ai repensé mon site Internet pour qu’il mentionne clairement pour qui je voulais bosser ;
  • J’ai pimpé mon profil LinkedIn en y glissant les bons mots-clés ;
  • J’ai mis en avant mon blog, vitrine on-ne-peut-plus claire de mon style, de mes compétences et de mes centres d’intérêt ;
  • J’ai parlé de mon job aux bonnes soirées réseaux, là où je pouvais rencontrer des entreprises éco-responsables.

Et devine quoi ? Les demandes sont arrivées.

On me trouvait en cherchant « rédactrice web environnement », on apprenait que c’était mon métier en se baladant sur mon blog. On me considérait comme une experte de ces sujets. D’emblée, sans que j’aie à dérouler mon CV à chaque prise de contact.

Sur le même sujet : Ce n’est pas en te spécialisant que tu vas rater des clients

Je te l’ai dit, il y a 1001 manières de s’épanouir et d’atteindre ses objectifs financiers grâce à l’écriture web. Et je suis loin d’avoir exploré toutes les options.

Certains se spécialisent dans des techniques d’écriture particulières, comme le copywriting (= écrire pour vendre), le SEO (= écrire pour être bien classé dans les résultats de recherche Google) ou le storytelling (= l’art de raconter des histoires captivantes).

D’autres encore ouvrent des blogs sur des sujets qui les passionnent et en vivent (grâce à l’affiliation et à la publicité, par exemple).

Le web regorge d’exemples d’entrepreneurs qui vivent de leur écriture, dont certains sont complètement ahurissants. Si t’as jamais entendu parler de Trafalgar, je te conseille d’aller découvrir cette “maison de portraits haute couture” (et d’halluciner librement).

Tu choisis les rêves ou les débouchés ?

Peut-être que la rédaction web, ça te parle pas. Alors j’ai un autre exemple pour toi.

J’ai une copine qui en a marre de son job, mais qui ne sait pas trop vers quoi évoluer. Elle s’est lancée dans un bilan de compétences, et depuis quelques temps, elle pense au métier de diététicienne.

Autour d’un verre, elle me raconte qu’elle s’est renseignée auprès d’un professionnel, qui n’y est pas allé par quatre chemins. Il l’a avertie que c’était « très difficile d’en vivre », et elle m’avoue que cet échange l’a découragée.

Parce qu’en plus de ça, elle n’est pas certaine que ce soit vraiment son truc. Et elle ne veut pas repartir sur 2 ans d’études pour un job qui n’a pas de débouchés.

Je lui demande ce qu’elle ferait si le gars lui avait dit : « C’est facile, il y a plein de boulot ! ».

Et là elle me répond que dans ce cas, elle irait sans hésiter.

… Même si elle n’est pas sûre « que ce soit vraiment son truc ».

… Même s’il faut reprendre deux ans d’études.

Marrant comme les obstacles n’en sont plus quand il y a des garanties au bout, pas vrai ?

On raisonne tous comme ça.

On choisit tous régulièrement la facilité – ou le moins risqué – plutôt que ce qui nous fait vraiment envie.

Musicien ? Tss, c’est bouché. Je vais plutôt prendre ce CDI hyper bien rémunéré dans un cabinet de conseil, et consacrer 1h le dimanche à ma passion dans la vie.

Pourquoi on fait ça ? Parce qu’on déteste l’incertitude. On la déteste tellement qu’on préfère l’ennui assuré plutôt que le succès possible.

On fait pareil dans les relations, quand on reste dans son couple plein de problèmes plutôt que de reprendre sa liberté pour s’offrir l’opportunité de rencontrer quelqu’un avec qui ça marche VRAIMENT.

Et on est constamment poussés dans cette voie par notre famille, nos amis, nos professeurs, etc., qui ont tous le même problème que nous avec l’incertitude. Les rêves, c’est accepté jusqu’au collège. Après, il te faut des débouchés.

Sauf que quand tu fais ça, c’est pas toi aux commandes : tu t’en remets à des facteurs purement extérieurs pour décider de ta vie.

La question n’est pas EST-CE QUE mais COMMENT

Je ne sais pas si mon amie devrait devenir diététicienne. Il n’y a qu’elle qui peut savoir.

Par contre, ce que je sais, c’est que si ça palpite, la question n’est pas de savoir est-ce que tu peux en vivre, mais comment tu peux en vivre. Comment tu trouves le moyen de concrétiser cette ambition.

Quand t’es diététicien, tu peux travailler à l’hôpital (ou autre établissement de santé), tu peux bosser pour des entreprises dans l’agro-alimentaire, tu peux ouvrir ton propre cabinet. Et si t’ouvres ton cabinet, tu peux choisir d’accompagner les sportifs, les femmes enceintes ou encore les patients atteints de telle ou telle maladie (si t’as lu mon article précédent, tu sais que je te conseille clairement de te spécialiser.) Tu peux créer des ateliers ou des formations complémentaires à ton activité, qui en plus de diversifier tes sources de revenus sont un moyen de te faire connaître.

Tu peux faire plein d’autres trucs auxquels j’ai pas pensé parce que j’ai pas envie de devenir diététicienne.

Bref, t’as plein de manières de tirer ton épingle du jeu et de t’épanouir dans ce que tu fais, sans être caissier à mi-temps pour boucler tes fins de mois.

Ceux qui te disent que « c’est impossible d’en vivre » n’ont pas essayé toutes les options pour vivre de l’écriture ou du conseil en nutrition. Peut-être parce que dans le fond, ce n’était pas vraiment ce qui les faisait palpiter. Mais plus probablement parce qu’ils ont préféré la sécurité plutôt que la non-garantie du succès.

Tu es prêt à troquer le “est-ce que” pour le “comment” ? C’est là-dessus qu’on travaille dans le coaching entrepreneur. Pour en savoir plus et candidater, écris-moi !
vivre de sa vocation