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Jeudi, alors que je regardais une vidéo qui parlait d’amour et d’exigence dans le travail, j’ai senti une énorme colère monter en moi. Je l’ai laissée prendre la place qu’elle voulait (presque toute la place, donc) et me dire ce qu’elle avait à me dire. Et le message était clair : meuf, t’es à côté de tes pompes sur 2-3 trucs, là.

Il y a des nuances dans la colère. Je ne sais pas s’il y en a 50, mais celle du jour, c’était de la colère énergisante. Celle qui pousse à l’action (pas celle qui donne envie de tout péter). Maintenant que je laisse mes émotions vivre leur vie, j’en goûte toutes les saveurs et subtilités, c’est assez fascinant. Bref, je voulais passer à l’action tout de suite, mais il y avait encore de la confusion à certains endroits. Alors j’ai noté tout ce qui était clair, et j’ai laissé le reste décanter.

Grand bien m’en a pris : le reste s’est ordonné dans ma tête durant le week-end. Je te livre donc ici le résultat brut de ce processus riche en apprentissages. Car si tu parviens à intégrer ça tout de suite, tu vas gagner BEAUCOUP de temps et d’énergie dans ta vie, et donc dans ton business.

L’entièreté et l’exigence, c’est naturel dans l’enfance

Si le sujet de l’exigence a déclenché une telle colère chez moi, c’est clairement parce que j’ai senti que j’étouffais encore la mienne à certains endroits.

J’ai toujours voulu une vie extraordinaire. Par extraordinaire, j’entends : une vie intense, vibrante, pleine relations profondes, de spontanéité, d’éclats de rire et d’émotions fortes. Pleine d’exigence et de progrès, aussi.

J’aime pas faire les choses à moitié, j’aime pas les trucs « pas mal » : je peux sans problème les concevoir comme une étape, mais pas comme une finalité. Ça m’intéresse pas de m’arrêter au camp de base en me disant que c’est déjà mieux que X% des gens : je veux aller au sommet. À mon rythme, mais au sommet.

Le problème, c’est que cette vision des choses dérange profondément l’immense majorité des gens, qui se complaît dans le “c’est déjà pas mal”, se cache derrière les “je peux pas” et les “j’ai pas le choix”.

S’ils gardaient leurs excuses et leurs standards lénifiants pour leurs propres vies, tout irait bien. Mais non, ils tentent toujours de les imposer autour d’eux. Surtout si t’as le malheur de challenger ça, des fois par ta simple présence. Voilà comment les enfants, qui sont naturellement exigeants, entiers, vivant intensément leurs émotions et leur vie, deviennent ces êtres tiédasses qui se prennent pour des adultes.

Quand accepter de négocier ce que tu veux pour ta vie t’amène à l’hôpital

Dans ma colère, j’ai eu des flash de clarté sur les moments de mon existence où j’ai accepté de revoir mes ambitions à la baisse, mon exigence pour la vie que je voulais me créer. Avec en B.O. la petite rengaine si chère à tant de gens : « Dans la vie, on ne fait pas tout ce qu’on veut ». (Variante : « Anaelle, la vie c’est pas des paillettes ! » – MAIS LES CALCULS SONT PAS BONS, JVEUX DES PAILLETTES DANS MA VIE KÉVIN !)

Je me suis revue rabrouée par des proches, des profs, des potes qui me collaient l’étiquette de “jamais contente”. À force, j’ai accepté d’y croire, et j’ai mis de l’eau dans mon vin. Même si mettre de l’eau dans le vin, tout le monde sait que 1/ c’est dégueulasse et 2/ c’est sacrilège.

Concrètement, j’ai été étudiante à Sciences Po, et ça m’a ébahie comment même dans une « Grande École » le niveau d’exigence était bas, l’implication moyenne, l’amour absent.

J’avais pas intégré l’école pour le prestige – je m’en foutais du prestige – mais pour côtoyer des personnes que j’imaginais entières comme moi, des personnes qui aiment faire les choses à fond, qui ont la même soif d’apprendre et de vivre intensément.

Que dalle.

Y’avait quelques profs géniaux (heureusement), mais aussi beaucoup de frustrés, de résignés, de snobs, de branleurs. Idem chez les élèves : quelques phares dans la nuit, mais dans l’ensemble, rien de bien excitant.

Je ne regrette pas ces études, j’ai pris tout ce que je pouvais y prendre.

Mais ça a été mon premier gros choc : ça sentait pas la vie dans ces couloirs, ça sentait la reproduction sociale et le “si je fais comme ils disent je devrais bien m’en tirer”. Erk.

Après ça, je suis restée 3 ans en entreprise (si je compte mes stages). Je m’y suis ennuyée, énervée, épuisée. J’ai tout contenu jusqu’à m’en rendre malade. La colère énorme. Je regardais ce gâchis, ce jeu de rôles accepté par tout le monde, toute cette tolérance à la médiocrité, aux humiliations, au bullshit, aux missions qui n’ont ni sens ni impact, ça me foutait dans une colère noire et cette colère m’a rongé les entrailles (hellooooo maladie de Crohn !).

Tu ne peux pas changer ce qui n’est pas de ton ressort…

Il y a eu pas mal de travail en psychothérapie pour traverser cette période sans péter les plombs.

Un des trucs ultra importants que j’y ai appris, c’est que ça sert à rien de vouloir changer l’autre (et plus généralement, tout ce qui n’est pas de ton ressort).

Apprentissage archi-précieux, car pour paraphraser Byron Katie, une des grandes causes du malheur de l’humain, c’est qu’il passe le plus clair de son temps à s’occuper d’autre chose que ses propres affaires. Donc de trucs sur lesquels il n’a aucun pouvoir.

OK. Une fois que j’ai intégré ça, j’ai changé tout ce qui relevait bien de mes affaires : j’ai quitté mon job, mon mec, beaucoup d’amis qui me pompaient mon énergie.

Et pour le reste, ce qui n’était pas de mon ressort ? J’ai lâché prise.

Mon raisonnement : si c’est plus d’énergie de défendre le truc que de laisser pisser, je laisse pisser.

Je remercie ce mécanisme parce qu’il m’a sauvé la vie, à un moment où j’avais besoin de me ménager et me régénérer.

Mais grâce à plein de choses que j’ai mises en place, notamment le travail en coaching, je vois aujourd’hui très clairement ses limites.

Je vois comment j’ai confondu “ne pas vouloir changer les autres / ce qui n’est pas de mon ressort” et “me changer moi pour éviter de déplaire”.

Je n’avais même pas conscience qu’en faisant ça, je chiais sur mon exigence, mes limites, mon amour de moi-même. J’avais associé l’affirmation au conflit – au moins potentiel -, et je croyais que les conflits étaient du gaspillage de temps / d’énergie. Or j’y tenais, à mon énergie.

J’avais un mécanisme bien plus simple : si je tiens à toi, je laisse couler ce qui me déplaît. Si trop de trucs me déplaisent, tu dégages de ma vie. (L’art de la nuance quoi.)

… Mais y’a sûrement des trucs de ton ressort que t’as pas voulu voir (hello affirmation !)

Oui, sur le moment, ça peut être très intense de faire ce qui est juste et bon pour toi, surtout si ça remet en cause l’ordre établi dans une relation, une situation… Clairement, ça peut te demander beaucoup, beaucoup d’énergie de dire “Je ne suis pas d’accord avec ça.”.

Oui, c’est fatigant, confrontant, challengeant, effrayant :

  • D’expliquer à ton client que s’il demande une presta supplémentaire, c’est payant.
  • De dire à ta belle-mère que tu ne lui as pas demandé son aide.
  • De refuser qu’un pote vienne dormir chez toi parce que tu as besoin de repos.
  • D’oser dire le fond de ta pensée même si ça peut heurter.

Mais si tu ne le fais pas, il se passe quoi ?

  • Tu bosses gratuitement, tu stresses de perdre de l’argent et tu t’en veux de ne pas avoir su demander un avenant.
  • Tu choisis la paix des familles, comme ça à toutes les occasions ta belle-mère peut te demander d’écraser “après tous les services qu’elle t’a rendu”.
  • Ton veilles tard avec ton pote, et tu commences ta semaine à bout de nerfs car épuisé.
  • Tu adaptes ton discours pour ne pas froisser, et à la longue, t’as envie de lâcher ton business tellement tu te reconnais plus dans ce que tu dis.

Oui, si tu penses uniquement à ton niveau d’énergie à court terme, ça semble toujours être une meilleure idée de laisser pisser. Tu choisis de ne pas faire de vagues, sinon ça va dégénérer en conflit et le conflit faut pas. Parce que ça rend tout le monde malheureux, ça va te mettre les gens à dos, ça prend beaucoup d’énergie. Donc tu préfères “te préserver”… En t’asseyant sciemment sur ce qui compte pour toi.

La GROSSE erreur de ce raisonnement, c’est de croire que si tu ne t’affirmes pas là maintenant, tu ne vas pas payer le triple à la caisse.

Et je te le dis tout de suite : OUI, tu vas payer le triple à la caisse. Pour le dire autrement, c’est comme si tu montais le chauffage sans t’occuper de l’isolation. Sur le moment t’es soulagé, mais quand tu reçois la facture, t’as envie de pleurer.

S’affirmer, c’est gourmand en énergie – sur le moment

Avec cette façon de faire, j’ai choisi de préserver mon énergie à court terme, sans capter que je la déglinguais sur le long terme. D’ailleurs, j’ai eu d’autres cycles d’exaltation-épuisement une fois devenue entrepreneure, avant que le coaching me permette de sortir de ce cercle infernal.

Petit à petit, j’ai renoué avec mes vraies exigences, mes vrais désirs, mes vrais besoins. Et à poser les actions qui leur correspondaient. Tu veux des exemples d’affirmation dans mon business et dans ma vie ? En voilà quelques uns :

  • Refuser des clients que je n’ai pas envie d’accompagner.
  • Fixer des tarifs que beaucoup jugent élevés.
  • Exiger de ma famille qu’ils me traitent comme une adulte.
  • Formuler clairement à mon copain mes besoins pour me sentir bien.
  • Ne pas me sentir obligée de répondre à tous les mails qu’on m’envoie.
  • Demander des droits d’auteur plus élevés que ceux initialement proposés dans mon contrat d’édition.
  • Etc.

Tous ses choix m’ont challengée sur le moment. Ils ont été difficiles à poser, mais ils me facilitent largement la vie maintenant que c’est fait. Parce que je me suis respectée, aimée, accordée toute l’importance que j’estime mériter.

S’affirmer, vivre sa vie et mener son business comme on le veut vraiment, ce n’est pas un choix qu’on pose une fois et puis voilà. Je me suis affirmée à plein d’endroits de ma vie depuis 2015, j’en suis fière et heureuse. Mais ce que cette colère m’a révélé, c’est qu’il reste des zones où je chie encore sur mon exigence, en acceptant la résignation générale, le « c’est déjà pas mal » ambiant, bref des standards de médiocrité qu’au fond de moi je n’ai AUCUNE envie d’embrasser. Parce que la peur du conflit, de déplaire, d’être rejetée. C’est vrai que ça fait pas plaisir. Mais je vois aujourd’hui, très clairement, combien je paie cher en croyant m’économiser.

S’affirmer, c’est une somme de petites décisions, que l’on renouvelle chaque jour.

Prêt à élever drastiquement ton niveau d’énergie ?

Ce qui va faire la diff, c’est ton niveau de clarté sur qui tu es, ce que tu veux vraiment, ce dont tu as besoin. C’est une connaissance et une écoute fine de toi-même, une confiance dans tes ressentis et dans ce qu’ils veulent te dire. C’est la capacité à discerner quand est-ce que tu batailles pour de mauvaises raisons (ex : vouloir avoir le dernier mot) et quand est-ce que tu batailles parce qu’on touche à ce qui compte pour toi.

Le coaching, c’est un espace dans lequel tu peux gagner en clarté sur tout ça, prendre du recul sur ton mode de fonctionnement, tes mécanismes conscients ou inconscients et reprendre du pouvoir sur tout ça, en posant les actions justes pour toi.

Si ce que je te raconte résonne, si tu sens que tu transiges sur tes limites et que ça te coûte cher, si tu es dans un cycle d’épuisement sans savoir comment en sortir mais que tu es très clair·e sur “c’est no fucking way pour continuer”, je serai heureuse de te coacher. Tu peux envoyer ta demande ici. Tes mécanismes foirés vont prendre cher, parfois ça va secouer dans les chaumières. Mais le cadeau derrière est juste incroyable.

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