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Hier, j’échangeais avec une personne qui souffre de ce que j’appelle le syndrome du papillon. À chaque fois qu’elle démarre un nouveau projet ou une nouvelle activité, elle est enthousiaste… Puis l’exécution la décourage. Elle ne va pas au bout de ses idées parce qu’à chaque fois, la quantité de choses à faire pour les concrétiser l’assomme. Communiquer, trouver des clients, monter des offres, les vendre… Tout ça la saoule. “Peut-être que je suis trop flemmarde pour y arriver”, m’a-t-elle dit en rigolant (mais qu’à moitié…).

Du coup, elle pense qu’elle n’a pas encore trouvé le truc, SON truc. Celui pour lequel elle est faite, qui rend la vie fluide et lisse et LOL : sa vocation, sa mission de vie quoi. Derrière, il y a la croyance fermement vissée que “Si c’était vraiment mon truc, ce serait simple”. Et c’est vraiment une pensée à jeter par-dessus bord, du moins si tu veux kiffer ta vie sans attendre.

C’est à côté de la plaque de chercher ta mission de vie

Le mythe de la trajectoire bien nette

Il n’y a pas de grand POURQUOI qui une fois trouvé, écarte la mer pour te dégager la voie. Il n’y a pas de mission de vie qui t’aurait été conférée par une autorité supérieure, encore moins de tapis rouge qui se déroule une fois que tu as mis la main dessus.

Il n’y a que des choix et des actions en cohérence avec ce que tu veux vraiment. Et ce que tu veux vraiment, c’est pas toujours simple à démêler (mais ça s’apprend). Pire, souvent y’a pas qu’un seul truc, et il est pas non plus gravé dans le marbre. Parce que la vie, c’est le mouvement.

Regarde Yannick Noah : où est-ce qu’il s’est planté ? Quand il gagnait Roland-Garros, ou quand il se faisait ovationner par tout un stade de France alors qu’il portait même pas de chaussures ? Va faire rentrer son parcours dans une mission de vie, tiens.

Je sais, les livres de développement personnel sont pleins d’histoires de gens qui en bavaient des ronds de citron jusqu’à ce qu’ils trouvent LEUR mission de vie : Alléluia, lumière divine et miracles en cascade pour les mener jusqu’au sommet d’où ils t’écrivent aujourd’hui. Sauf qu’en fait, ça s’est pas passé comme ça.

L’avantage des histoires, c’est qu’on peut arranger les faits pour qu’ils dessinent une trajectoire bien nette a posteriori. Ce n’est pas par malhonnêteté qu’on travestit la réalité, c’est juste que c’est plus rassurant / excitant / valorisant d’inventer une belle histoire qui légitime où on en est. Du coup on peut ménager un spectaculaire effet avant/après, occulter les errances sur le chemin et les efforts déployés, pour te faire miroiter cette vie facile et fluide qui te fait saliver sur ton clavier.

Mais je le répète : c’est pas la réalité.

Fantasme vs. projet

Il n’y a pas de voie facile, pas de révélation sur le sens de ta vie qui transforme les murs de 3 mètres de haut en marchepieds.

Tous les projets comportent leur lot de trucs chiants et de sacrifices. Absolument tous.

Tu peux faire le test avec tes rêves : pour chacun d’eux, fais la liste de ce que tu vas retirer de génial si tu les concrétises dans une colonne, et de ce que ça va te coûter de les réaliser dans une autre.

Si tu dresses cette liste honnêtement, en mettant tous tes kifs et tes peurs et tes flemmes dedans, tu verras que ton rêve est loin d’être tout rose. Et c’est normal, c’est la vie. Chaque pièce a son revers, chaque projet waouw comporte son lot de sueur et de larmes.

vocation rêve travail

Il n’y a aucun rêve plus enviable ou plus facile qu’un autre : en revanche, il y a celui pour lequel tu préfères encore te fader la colonne des “moins” que de ne pas le réaliser. Parce qu’il te motive vraiment.

Le problème de beaucoup d’entrepreneurs, c’est qu’ils ne se lancent pas dans un projet : ils se lancent dans un fantasme. Ils partent avec seulement la liste des “plus” en tête. Et au premier obstacle, forcément ils s’arrêtent.

C’est pour ça que la vocation qui rend la vie facile, c’est une croyance à virer tout de suite de ton système. Si JK Rowling et Walt Disney s’étaient racontés ce genre d’âneries, on connaîtrait pas la chanson du Roi Lion par cœur et on serait jamais allé à l’École des Sorciers.

Croire que la passion va te donner des ailes pour voler au-dessus des obstacles, c’est te leurrer gravement. Un projet, quel qu’il soit, c’est du cambouis. Va falloir accepter de se salir les mains.

Tu n’as pas besoin d’une vocation pour être heureux et avancer

L’excuse parfaite pour rester prostré·e

Oui, les vocations, ça existe et ça montre le chemin. Mais t’as pas besoin d’en avoir une pour construire la vie qui te plaît.

Alors oui, pour aller quelque part, encore faut-il savoir dans quelle direction avancer (sinon tu fais des tours de rond-point, on est d’accord).

Et ton problème, c’est peut-être justement que tu ne SAIS PAS quelle est cette direction. Parce que tu as été tellement habitué·e à embrasser les désirs des autres (parents, famille, société, auteurs de développement personnel…) que tu ne sais même pas à quoi ressemblent les tiens.

Alors on fait quoi, on reste prostrés en attendant que tes guides spirituels sortent du PMU où ils semblent s’être un peu oubliés ?

Guides occupés, repasse plus tard.

“J’ai pas de vocation”, c’est l’excuse parfaite pour pas te remonter les manches et plonger le nez dans le moteur.

Donc quand tu sais pas où tu vas eh bien… Il faut quand même actionner. Tester une direction, regarder ce qui te plaît et ne te plaît pas là-dedans, ajuster pour que ça te corresponde mieux, ou bien faire demi-tour quand tu es sûr·e que ce n’est pas par là. Et puis recommencer, pour avoir une expérience et une compréhension de plus en plus fines de ce qui te plaît.

Non, tu n’as pas besoin de savoir exactement ce que tu veux pour poser les bases d’une vie que tu vas kiffer.

Passage à l’action + écoute très fine de soi = la boussole pour trouver ton chemin dans ce bordel

Pars de ce que tu sais.

Ça peut être “je ne veux plus être salarié”, “je veux accompagner les femmes”, “j’aime vendre des couvre-lits”, peu importe.

Pars de ce qui est vrai, ici et maintenant, et continue de tester, plutôt que de taper des crises d’angoisse devant ton cahier pour trouver ta mission de vie.

La compréhension de tes besoins et désirs s’affinera en marchant, à condition de rester extrêmement attentif·ve à ce qu’il se passe à l’intérieur :

  • Qu’est-ce qui te donne de l’énergie ?
  • Qu’est-ce qui t’en prend ?
  • Où est ton excitation ?
  • Où est ton plaisir ?
  • Quels sont les obstacles qui se dressent sur le chemin ?

Sans ce passage à l’action, et sans cette écoute constante et ultra-fine de toi-même, tu es bon·ne pour marcher à côté de tes pompes – jusqu’à la tombe s’il le faut. Parce que tu vas continuer de te jeter sur les rêves des autres, faire passer leurs besoins avant les tiens, et gober toutes les formules magiques que le développement personnel te sert sur un plateau.

Dernière chose : non, la vocation n’est pas le sésame pour une vie heureuse. Je peux te donner des dizaines d’exemples d’artistes qui noient leur mal-être dans l’addiction, de sportifs écœurés du haut niveau, de docteurs désabusés par la médecine… Ils accomplissent leur “mission de vie”, et pourtant ils tombent une bouteille de vin par soir et vivent leur vie en mode automatique.

Quand l’écoute fine de soi n’est pas au rendez-vous, vivre de sa passion n’est pas une garantie suffisante contre le plantage. J’en suis la preuve sur pattes : quand je passais mes journées à écrire, j’étais certes moins misérable qu’en étant salariée, mais pas franchement heureuse et énergique non plus. Peut-être même que j’étais ramollo et frustrée.

Démonstration par l’exemple

Le coaching a été une découverte fortuite : j’ai eu l’opportunité d’accompagner quelqu’un, j’ai testé, et ça m’a plu.

Je voudrais bien te raconter que j’ai tout de suite pris l’autoroute du kif, mais c’est FAUX. D’abord j’ai résisté avec des excuses de merde (“nan mais tout le monde devient coach en ce moment…” / “qui suis-je pour accompagner… ?” / “le coaching c’est un peu un truc d’assistés nan ? *tousse*”), jusqu’à ce que la situation devienne tellement insupportable que je me décide à y aller, à suivre ma joie et mon excitation, plutôt que mes peurs et mes préjugés.

👉 Tu peux lire aussi : Pourquoi rejeter la peur te condamne à l’immobilité

J’ai commencé à prêter attention à ce qui remplissait ma jauge d’énergie et ce qui la vidait. À identifier comment c’était dans mon corps quand j’avais du plaisir et de l’excitation. À discerner quels rêves me plombent et quels rêves déclenchent des feux d’artifice dans ma poitrine.

Je m’en fous de savoir si ma vocation c’est d’écrire ou de coacher. Je constate juste que j’adore faire les deux, et qu’une subtile balance entre ces activités me donne une sensation de joie et d’équilibre. Je sais que c’est vrai aujourd’hui, et que ce ne sera peut-être plus le cas demain. Et alors ?

Aujourd’hui, la vision qui me met en mouvement, c’est de m’imaginer dans 10 ans comme une spécialiste mondiale de l’affirmation de soi et de la vulnérabilité. C’est de coacher et d’écrire des histoires qui aident les êtres humains qui le veulent à porter haut leurs propres couleurs. C’est d’avoir des relations vraies dans chaque recoin de ma vie, par le biais de l’authenticité et de la vulnérabilité.

C’est une histoire qui fait sens pour moi aujourd’hui, c’est ce qui est vrai maintenant. Ce ne sera peut-être plus vrai demain, et quand ma dynamique désir / plaisir bougera, alors je bougerai avec elle.

Si tu décides aujourd’hui de butiner le kif de ce qui est, plutôt que l’excitation de ce qui pourrait, t’as déjà fait un grand pas vers une vie épanouie. Alors, qu’est-ce que tu sais aujourd’hui, et quel est le prochain pas que tu vas faire ?

J’ai hâte de te lire dans les commentaires.

💟 Si tu veux muscler ta capacité à actionner puis à prendre du recul et t’écouter, le coaching est un excellent espace pour ça. Découvre les 3 formules d’accompagnement ici, et envoie ta demande pour passer à l’étape d’après !

piège vocation mission de vie
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