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Comme beaucoup d’entrepreneur·es, je suis devenue indépendante parce que je ne voulais plus être salariée. J’avais vécu plusieurs expériences difficiles, j’en avais déduit que bosser avec des gens c’était pas pour moi, et puis voilà, fin du débat, c’est par où l’URSSAF ?

Je n’avais aucune idée du niveau de détermination et d’ambition nécessaire pour réussir en tant qu’entrepreneur·e et pour kiffer de faire ce que je fais. Et j’étais loin d’y songer, tellement ma priorité c’était la survie. Plus jamais des semaines de 60h payées 35, plus jamais des collègues qui font des coups dans le dos, plus jamais des patrons tyranniques et des managers incompétents, plus jamais de réunions qui s’éternisent, plus jamais des missions dont je vois plus le sens. Plus jamais ça.

J’étais en totale réaction à la situation, dans ce qu’on appelle une polarité : j’ai eu des mauvaises expériences de salariat ➡ je ne veux plus jamais être salariée.

Et alors ?

Déjà, être freelance pour ne pas être salarié·e, c’est un peu léger comme motivation. C’est OK de débarquer dans le game avec ça, mais si tu changes pas ton logiciel rapidement, tu vas vite manquer de jus.

Ensuite, j’ai d’abord cru que la situation avait totalement changé… Pour m’apercevoir quelques mois/années plus tard que non non pas du tout, juste le paysage. Concrètement, j’avais juste retourné le tas de fumier, mais il était toujours là. J’ai retrouvé les semaines de 60h, les coups dans le dos (par les clients cette fois), les patrons tyranniques et les managers incompétents (en la personne de moi-même), les réunions inexistantes (pas mieux que celles qui s’éternisent) et les réveils à me demander pourquoi je ferais pas plutôt des confitures au fond de la Corrèze.

Bref, les polarités, c’est une bonne façon de te saboter tout en étant persuadé·e du contraire. Et si ça t’intéresse de comprendre comment en sortir, lis ce qui suit.

Soumission, combat ou fuite ?

D’après la psychologie, il y a 3 façons de réagir aux situations (notamment de danger) : la soumission, le combat ou la fuite.

  • La soumission, c’est quand tu abdiques. La situation te déplaît mais tu préfères laisser faire – voire acquiescer – que de l’affronter. Par exemple, ta relation amoureuse ne fonctionne pas comme tu veux, mais au lieu d’engager une discussion, tu restes muet·te comme une carpe marbrée, et tu subis ton couple.
  • Le combat, c’est quand tu répliques. Pour défendre ton espace et tes intérêts, tu sors les griffes. Si je reprends la relation insatisfaisante, tu vas chercher à blesser ton partenaire par exemple.
  • La fuite, c’est quand tu te barres au lieu d’affronter la situation. Tu vois une porte de sortie et – hop – tu disparais. Dans notre exemple, tu pourrais esquiver les échanges avec ton/ta partenaire, voire le/la quitter sans explications…

Le piège, c’est de croire que ces options sont les seules à ta disposition – alors que c’est faux, faux, faux. Ce sont les 3 stratégies possibles si tu veux continuer de souffrir, oui, mais pas les seules possibilités qui s’offrent à toi.

Dans ce triptyque soumission-fuite-combat, quelle que soit la stratégie que tu adoptes, tu es dans la réaction. Et en faisant ce choix, tu montes tout·e seul·e les murs de ta prison. Tu t’enchaînes aux circonstances… Et à la souffrance.

Comment on reprend le pouvoir là-dessus ?

Reconnaître une polarité

Reconnaître que t’es dans une polarité, c’est un premier pas pour en sortir.

Quand face à une situation souffrante, tu te rues sur l’exact opposé, tu es dans la polarité. C’est souvent de la fuite, mais pas forcément. Par exemple :

  • Quand après une rupture amoureuse particulièrement douloureuse, tu décides que t’en as fini avec les relations sérieuses (fuite), que tu sortiras qu’avec des gens que tu mèneras à la baguette (combat) ou que t’es condamné·e à souffrir à chaque histoire de coeur (soumission).
  • Quand après avoir pris une cartouche à une soirée, tu décrètes que tu ne boiras plus jamais une goutte d’alcool de ta vie (fuite) ou que tu ne sauras jamais boire (soumission).
  • Quand suite à une expérience décevante d’amitié, tu décides de ne plus compter que sur toi-même (fuite) ou que la déception c’est la norme dans les relations (soumission).

Aucune de ces réactions n’apporte une réponse adaptée à la situation initiale. Il y a de la souffrance à un endroit, donc tu te déplaces pour ne plus souffrir, mais ça ne marche pas, parce qu’en fait elle est dans ton sac à dos. Dommage.

Faire tes apprentissages au bon endroit

Alors comment ne plus être dans une polarité ? En sortant du pilote automatique “évènement-réaction”, pour faire tes apprentissages au bon endroit. Les leçons à tirer d’une mauvaise expérience du salariat ou d’une rupture amoureuse, c’est pas “l’entreprise c’est de la merde” / “les femmes/hommes tous des con·nes”.

C’est beaucoup plus fin et précis et riche et singulier que ça.

Tu peux décider d’aller regarder ce que ça dit. Quand une situation te touche, rester présente et voir ce qui se joue pour toi (ce que tu ressens) et ce que TU veux par rapport à ça.

Si je reprends mon exemple initial, voilà les leçons que j’ai d’abord tiré de mes mauvaises expériences en entreprise – et les apprentissages que j’ai fait depuis en enlevant les couches d’ego qui s’étaient mises dessus :

  • “Je suis entrepreneure pour pas être salariée” 👉 Bah non, je suis entrepreneure parce que j’ai une vision en train de se développer (relier les humains par leur authenticité et leur vulnérabilité, être LA coach qui te rebranche à tes rêves et te réconcilie avec la/ta nature) et que je veux prendre mon putain de pied à la réaliser.
  • “Je ne suis pas faite pour bosser à plusieurs” 👉 Faux, en réalité j’aime beaucoup bosser en équipe, en tout cas en binôme. Ce qui me pose problème c’est de travailler avec des gens qui ne réfléchissent pas au même rythme que moi, qui sont drivés par leur ego et ne communiquent pas clairement (voire sur un mode passif-agressif, eurk), dans un cadre qui n’est pas clair pour moi, sans vision qui m’émoustille et sans leader capable de remise en question. Est-ce que cette équipe idéale n’existe qu’au Pays des merveilles ? Non, je l’ai intégrée en janvier.
  • “J’aime être entièrement libre de mes horaires, sinon je me sens prisonnière” 👉 Point du tout. Déjà, la liberté horaire c’est un gros fantasme d’entrepreneur·e, une sorte de vision romantique de “je bosse que quand je suis inspiré·e” qui se transforme en “je suis toujours en pyjama à 14h et mon niveau d’énergie est lamentable” (ou alors “je bosse 2x plus qu’avant pour me payer 3x moins, WTF ?”). Ensuite, ce qui me fait me sentir prisonnière ce ne sont pas les horaires, c’est d’être dans un cadre où je ne crois pas en la vision, ne peux pas développer mes talents et mon potentiel et ne peux pas faire évoluer mes missions. Dont acte : je choisis mes clients, je structure mes journées, je travaille régulièrement sur mon ambition et sur la meilleure version de moi-même… Bref, j’ajuste mon entreprise et ma vie à ce que je veux vraiment pour moi. Et ça ressemble beaucoup plus à la liberté que des horaires aléatoires.
  • “Je n’ai besoin de personne (en Massey Ferguson), l’autonomie c’est mon but ultime” 👉 JAJAJA comme disent les Espagnols. L’autonomie, c’est un objectif de control freak : plus tu veux aller loin, plus il te faut une armée derrière toi, tout un système de soutien, de soin, de progression, etc. Le truc de “je veux tout faire moi-même”, c’est une belle excuse pour garder ton ambition dans les chaussettes. Si tu veux déplacer des montagnes, entoure-toi des meilleurs et communique leur clairement ce que tu veux. (Développement de leadership en cours, on en reparlera…)

Lire aussi : Pourquoi je m’en fous de trouver ma mission de vie

Bref, dans mes expériences il y avait plein de leçons beaucoup plus fines que “plus jamais ceci ou cela”.

Il y avait des informations précises sur mon fonctionnement, mes besoins, mes désirs, les expériences que j’ai à mener, les limites que j’ai à poser, les endroits où je ne suis pas suffisamment affirmée… Bref, il y avait des leçons à tirer au bon endroit, leçons que je tire dans des espaces de prise de recul comme le coaching, auprès de personnes capables de me faire miroir de ça, et en m’écoutant et m’observant de plus en plus.

Si toi aussi tu veux sortir des polarités pourries qui gâchent ta vie et ton aventure entrepreneuriale pour faire tes apprentissages au bon endroit, tu peux postuler pour un coaching en remplissant ce formulaire. Toutes les infos sur mes accompagnements sont ici !

À toi : as-tu repéré une polarité chez toi en me lisant, et qu’est-ce que tu en retires ?

Photo by Jeremy Bishop on Unsplash

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