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Quasiment tous les entrepreneur·e·s avec qui je travaille peuvent être qualifié·e·s d’hypersensibles (ou de zèbres, de surdoué·e·s, de hauts potentiels… bref tu vois l’idée.) C’est simple, depuis que je suis freelance, je n’en ai jamais rencontré autant ; sans doute parce que fatigués de se sur-adapter au monde du travail sans jamais vraiment y trouver leur place, beaucoup choisissent d’être leur propre patron – au moins, là on viendra pas les emmerder… (Ah, si ? Fuck.)

Ayant rapidement quitté l’univers de l’entreprise, j’ai pas creusé la question de comment y survivre quand on est hypersensible. Par contre, j’ai plus que travaillé celle de comment créer et développer une activité rentable et épanouissante quand on est une éponge émotionnelle, bombardée d’informations et de stimulations sensorielles à longueur de journée.

En fait, j’ai fini par m’apercevoir que ce n’était pas vraiment un sujet – ou plutôt, que je ne voulais pas laisser mon ego s’en saisir comme une excuse pour se planquer. Ça s’est pas fait en 30 secondes, mais aujourd’hui, je sais que mon hypersensibilité n’est ni un obstacle, ni même une particularité. Je ne me considère pas comme “particulière” : particulière par rapport à quoi ? Ça voudrait dire que je me définis encore et toujours par rapport à l’extérieur. Or, l’extérieur, je m’en fous. Je suis moi, point barre.

Je suis pas en train de dire que l’hypersensibilité, c’est un truc bidon ou inventé : je sais les difficultés et souffrances que ça peut causer (been there, done that). Par contre, je suis certaine d’une chose : l’hypersensibilité n’est PAS un obstacle pour kiffer sa vie et son activité. Si c’est le cas pour toi aujourd’hui, et que tu as envie que ça change, je te conseille de bien t’installer et de lire attentivement ce qui suit.

hypersensible au travail en entreprise
C’est bon, t’es bien ?

Si je schématise, avec mes client·e·s (ou avec des ami·e·s qui me demandent conseil), le sujet de l’hypersensibilité arrive généralement sur la table via l’une de ces deux questions :

  1. Est-ce que c’est normal de ressentir ça / fonctionner comme ça ?
  2. Comment me protéger alors que je suis constamment envahi·e par les émotions des autres ?

Je te propose donc de regarder ces deux points de plus près.

1 – Hypersensibilité et normalité

Je me souviens parfaitement de mon sentiment quand, à la lecture du livre Je pense trop, j’ai découvert que mon émotivité incontrôlable n’était pas due au fait que je savais pas me tenir, mais à un certain fonctionnement cérébral. J’ai ressenti un énorme soulagement. Apparemment, j’étais pas la chouinarde prise de tête dont on m’avait renvoyé l’image, juste une personne hypersensible, avec un fonctionnement “différent”.

“Alors comme ça, je suis pas taré·e / bizarre / faible ? Il y a vraiment des gens comme moi ?”

Oui, il y a des gens comme toi, dotés d’une grande sensibilité, qui pensent beaucoup et se posent des tas de questions, qui réfléchissent vite, sentent des choses que la plupart ne sentent pas, souffrent quand les autres souffrent et se sentent régulièrement “saturés” d’informations.

zèbre haut potentiel surdoué
Trop bien, y’a des gens comme moi !

Zèbre / surdoué·e / haut potentiel / hypersensible / etc. : une clé de compréhension, pas une nouvelle case où te ranger

Oui, c’est un énorme soulagement d’apprendre que t’es pas mal foutu·e et qu’il y a même un mot pour expliquer ton fonctionnement : l’hypersensibilité. Mais c’est aussi un piège : celui de t’installer dans une petite case toute prête et de t’en servir comme excuse pour surtout pas t’explorer de l’intérieur.

Il suffit d’en fréquenter quelques uns pour s’apercevoir qu’il y a autant d’hypersensibilités que de personnes hypersensibles, et que cette étiquette n’a finalement pas beaucoup plus de sens que les autres… Si tu ne vas pas au-delà de ce qu’elle t’apprend sur toi.

Si tu te contentes d’acter que tu es hypersensible, sans chercher à mieux connaître et respecter TON mode de fonctionnement, sans décider de prendre soin de toi et de t’utiliser au mieux, tu vas assez vite retomber dans les mêmes problèmes qu’avant (ou dans leur face B). Par exemple :

  • Avant, tu ne comprenais pas pourquoi tu étais mal à l’aise dans une foule. Et maintenant… Ben tu sors plus ou plus autant qu’avant, des fois que tu rencontrerais trop de monde d’un coup.
  • Avant, tu angoissais beaucoup sur tout un tas de sujets. Et maintenant, ben tu angoisses toujours, mais tu te dis que c’est normal.
  • Avant, tu doutais beaucoup de toi et de tes choix. Maintenant, tu te demandes si tu vas réussir à développer une entreprise, sachant que le “syndrome de l’imposteur” est le lot des personnes hypersensibles…

Tu l’as compris, le risque de se définir comme hypersensible, c’est prendre tout ce qu’on écrit dessus pour argent comptant. C’est de confondre difficultés et fatalité, et donc de perdre tout pouvoir pour changer des situations qui ne te plaisent pas.

Mais alors on fait quoi ?

Le principal intérêt du concept d’hypersensibilité, c’est de t’inciter à t’explorer toi

Quand j’ai découvert qu’il pouvait être “normal” de penser ou vivre ses émotions “différemment”, il s’est passé un truc bizarre dans mon cerveau : je me suis mise à m’en foutre d’être normale ou différente. Je venais de comprendre que le seul truc qui m’intéressait, c’était mon fonctionnement. Pas celui des autres.

Les livres sur les zèbres m’ont apporté cette certitude : chacun vit les choses à sa façon, et aucune n’est meilleure qu’une autre.

Soit tu te demandes si c’est “normal” de faire comme ceci ou de réagir comme ça… Soit tu te demandes si ça te convient à toi.

Il n’y a pas “les gens normaux” et “les hypersensibles”, avec un ensemble de règles pour chaque catégorie. Il y a ceux qui respectent leur fonctionnement naturel et ceux qui se contorsionnent pour rentrer dans telle ou telle case.

Aussi, soit tu te sers de ce que tu découvres sur l’hypersensibilité comme une invitation à tester ce qui te convient et mieux te connaître, soit tu t’en sers comme d’une identité à matcher pour faire partie d’une certaine catégorie de gens.

C’est toi qui voit, mais si tu veux tout savoir, une seule option te rendra heureux·se et te permettra de dépasser ce que tu perçois aujourd’hui comme des problèmes insurmontables.

Long story short : te renseigner sur l’hypersensibilité, ça peut te filer des pistes intéressantes pour comprendre ton fonctionnement naturel, tes talents, ce qui est facile ou difficile pour toi. Mais aucun livre ne te filera le mode d’emploi pour être toi : ça, c’est ton job.

mode d'emploi hypersensible

2 – Comment ne plus être envahi·e par les émotions des autres ?

Maintenant qu’on a dit ça, je vais te donner un exemple de problème de personne “surinformée” que tu peux vivre soit comme une croix à porter, soit comme une faculté à apprivoiser.

Parmi les gens qui se retrouvent dans le terme “hypersensible”, beaucoup ont du mal à gérer une grande empathie, pour ne pas dire une véritable perméabilité émotionnelle. Dès qu’ils se trouvent face à d’autres êtres humains, ils ont l’impression de se noyer dans des ressentis qui ne sont pas les leurs.

Je connais cette sensation, pour l’avoir vécu des millions de fois. Que ce soit dans la rue, au supermarché, en soirée, dans une réunion de famille, etc., j’ai souvent le sentiment d’être une radio déréglée, qui capte toute les fréquences à 100 mètres à la ronde. Et je ne sais pas comment replier mon antenne.

Pourtant, j’ai vu en séance de coaching que ce n’était pas tout le temps vrai. Je ne suis pas SANS CESSE envahie par les émotions des autres. Je peux citer au moins une situation dans laquelle c’est pas le cas : quand je coache, je suis chez moi, dans mon corps, et pas chez l’autre. Je peux entendre la souffrance de mes client·e·s sans la ressentir moi-même. Être en compassion avec elles/eux ou être touchée par ce qu’elles/ils vivent, sans nager dans ce qui ne m’appartient pas.

Si je peux le faire dans cette situation, c’est bien qu’il est possible de fermer la porte (ou d’installer un vigile à l’entrée) pour décider de ce qui entre et de ce qui n’entre pas. D’ailleurs, en y repensant, je l’ai aussi vécu plusieurs fois récemment, face à des amis qui se confiaient à moi, ou dans un stage de développement personnel où mon partenaire d’exercice a vécu des trucs hyper forts pendant que je restais bien campée sur mes quatre pattes.

Je n’ai pas encore identifié tous les ressorts de ce truc, mais je sais que plus je m’occupe de suivre MES désirs, plus je me sens puissante et moins je me sens exposée aux humeurs des autres.

Et ça, ben c’est quelque chose que t’iras jamais chercher ou que tu vivras jamais, si tu décides que t’es hypersensible, et que les gens hypersensibles sont des éponges et puis c’est tout, fin du débat.

Mais comment on désactive ce truc bordel ?

La semaine dernière, j’ai bossé avec une cliente sur cette même problématique. En creusant avec elle, on a découvert que pour elle non plus, le mode Bob l’éponge était pas activé tout le temps. Quand elle est en présence d’enfant, elle se sent capable de faire face à leur souffrance sans se laisser envahir. Parce qu’elle se sent responsable de leur bien-être et de leur sécurité. Ça amène d’autres sujets à creuser, mais c’est bien la preuve que tu peux claquer cette putain de porte : again, c’est ton job de t’observer et de t’explorer pour comprendre ce qui te permet de le faire.

💟 Si tu veux de l’aide pour apprivoiser ton mode de fonctionnement, t’affranchir des étiquettes qu’on peut te coller et kiffer ta vie d’entrepreneur·e, je serais heureuse de t’accompagner en coaching pour développer une activité qui ne ressemble qu’à toi. Envoie ta demande ici.

Cet article t’a parlé ou interpellé ? Dis moi en commentaire :

  • Comment ça atterrit chez toi ;
  • Quelles sont les (autres) questions que tu te poses sur l’hypersensibilité ?

Si ça vous plaît, je ferais d’autres articles sur le sujet 🙂

(Photo de couverture : Andreas Haslinger – Unsplash)

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