Il y a 4 ans, j’ai eu la possibilité de signer un CDI comme urbaniste, après trois contrats à durée déterminée.

Alors j’ai quitté ma boîte.

J’aimerais te dire que c’était un acte héroïque mais non. Ce n’était pas une affirmation de moi-même : c’était de la survie. Je n’étais pas bien dans ce travail. J’étais malade d’être à ce point à côté de mes pompes, si loin de ce qui me stimule et fait sens pour moi. J’en pouvais plus de me lever fatiguée et stressée, de travailler trop, de pas comprendre mon rôle et de plus me sentir progresser.

Quand je dis malade, c’est pas au sens littéral : j’ai déclaré une maladie de Crohn ultra-vénère qui m’a carbo les intestins en 6 mois. Message du corps : ça fait un an que je t’envoie des signaux subtils, mais puisque t’es bouchée comme un périph’ à 16h le vendredi, je vais te dézinguer et tu vas m’écouter.

Bref, j’avais pas le choix. Donc je suis partie.

Sauf que j’avais aucun plan pour la suite. Pas la moindre queue d’une idée.

Rester avec l’inconfort

Je me suis donc retrouvée au chômage, avec rien à faire de mes journées.

J’ai voulu écrire un roman et je l’ai fait, mais ça ne m’occupait guère plus qu’une ou 2h par jour. J’alimentais un peu mon blog qui était encore un site confidentiel lu par ma mère et mon chat. Ah non j’ai pas de chat. Seulement ma mère, donc. J’ai rejoint une association de course à pied dans laquelle je me suis fait plein de nouveaux potes. Et puis j’ai passé beaucoup de temps sur Facebook à noyer le malaise grandissant en moi.

Machinalement, je regardais les offres d’emploi. J’ai préparé des candidatures pour des postes d’urbaniste 10 fois plus chiants que mon ancien job. J’ai envisagé de redevenir consultante en développement durable, et même d’aller remplir des rayons à la Biocoop, parce que le -20% de réduction accordé aux employés faisait de l’œil à mon porte-monnaie de chômeuse. Et une fois que mon mail était prêt, je réalisais que si j’appuyais sur “envoyer”, je retournais à mon ancienne vie. Soupir.

Alors je repartais sur Facebook, pour oublier quelques heures tout ce rien qui se profilait à l’horizon.

J’étais désœuvrée.

Et je l’ai accepté.

Pas de bon cœur, pas de manière apaisée.

Je l’ai accepté parce que je ne voyais pas quoi faire d’autre.

Pour la première fois de ma vie, j’ai fait le choix délibéré de rester avec l’incertitude. Et pas à moitié, puisque j’ai largué mon mec en même temps que mon job, après 3 ans et demi de relation. C’était donc un double saut dans le vide.

Mon célibat allait durer 2 ans, ce qui ne m’était pas arrivé depuis mon adolescence. 2 ans où je me suis autorisée à expérimenter d’autres choses que les relations longues, 2 ans où j’ai surtout appris à me suffire à moi-même et à ne pas me définir par l’Autre.

Sans le savoir, sans l’avoir intellectualisé, je me suis fait de la place pour comprendre qui j’étais, ce que je voulais.

Si j’avais refusé cet inconfort, cette incertitude, si j’avais cédé aux sirènes de l’ego qui me suppliait de revenir sur les sentiers balisés, je serais repartie pour un tour. Une énième boucle “euphorie de la découverte – ennui – crise existentielle” qui aurait encore détérioré l’image que j’ai de moi, et qui aurait peut-être prolongé ou aggravé ma maladie.

Faire le silence nécessaire pour entendre tes idées

Il m’a fallu du temps – ce temps – pour comprendre et accepter que je voulais être à mon compte, même si je n’avais aucune culture entrepreneuriale. Du temps pour m’autoriser à vivre de l’écriture, en tout cas d’essayer.

J’ai laissé passer 6 mois de brouillard avant de créer mon statut d’auto-entrepreneure pour être auteure et rédactrice web.

Ce n’était pas une épiphanie : l’idée était là depuis longtemps.

Je n’avais jamais fait le silence nécessaire pour l’entendre.

La force de cette idée, sa justesse, je l’ai ressentie au cours d’un voyage en Slovénie. C’était un saut dans l’inconnu d’un autre type : sans un radis en poche, sans mec et avec du temps devant moi, j’ai décidé de partir seule faire du wwoofing, sans plan précis et sans billet retour. Encore une décision difficile pour laquelle j’ai douté, pleuré, angoissé… Mais dont les trésors ont été à la hauteur de la prise de risque. Jamais aucun voyage n’a comporté autant d’intensité que celui-là. Jamais je ne me suis sentie si confiante en moi, si inarrêtable, si ancrée dans le sol. Et c’est au contact de la nature slovène et suite aux échanges avec mon hôte que j’ai pris ma décision : à mon retour, l’aventure de l’entrepreneuriat commençait.

Est-ce que tu prends le full package ?

Faire ce qui te ressemble vraiment, c’est impossible si tu agis en pilote automatique, en fonction de ce que ton entourage / les normes sociales veulent pour toi. Ou en fonction de ce que tu crois vouloir pour toi, sans jamais te demander si c’est vraiment ça.

C’est impossible si tu refuses de te jeter dans l’inconnu, de traverser l’inconnu, d’embrasser l’inconnu. De faire l’amour à l’inconnu bordel.

Impossible si tu cherches à combler ou éviter ces périodes de creux, où la suite de tes aventures mâture dans l’obscurité de ton inconscient (comme un bon gros Pont-l’Évêque sur son hâloir.)

Non ce n’est pas confortable.

Non ce n’est pas facile.

Oui, il y a des journées passées la boule au ventre, des soirées à pleurer d’inquiétude et d’angoisse.

Mais si tu n’accueilles pas les bas, il n’y aura pas de hauts.

Régulièrement, ma coach Laure me rappelle que l’intensité n’a qu’un seul robinet, où tout est mélangé. Tu ne peux pas prendre uniquement ce qui est cool, joyeux, excitant, plaisant, facile. Tu ne peux qu’épouser le tout, avec son lot de peurs, de doutes, de prises de risque et de traversées du désert.

Est-ce que tu prends la vie trépidante avec son full package, ou est-ce que tu fermes le robinet de l’intensité ?

Comment traverser l’incertitude

L’inconnu s’incruste partout, tout le temps. Parfois c’est juste le stress de faire quelque chose pour la première fois, parfois c’est un inconfort plus grand, plus désarmant : celui de quand tu n’as aucune idée d’où tu veux aller.

L’inconfort ne se manifeste pas uniquement quand tu veux quitter le confort d’un job salarié : il est aussi là quand tu veux grandir, progresser, évoluer dans ton business. Parfois, il te permet de réaffirmer tes choix.

Ces périodes de creux si déstabilisantes te signalent la fin d’un cycle et la préparation du suivant. Elles sont courtes ou longues, indolores ou difficiles : mais ce qui est sûr, c’est que tu peux choisir de les traverser sereinement. (Pas comme moi il y a 4 ans donc.)

Comment ? En levant le nez du guidon, en dézoomant, en ralentissant.

C’est le moment de lâcher le mental pour te nourrir tranquillement de choses qui t’inspirent et te font du bien. Tu ne t’extirperas pas de cette confusion avec l’aide de ton gros cerveau : laisse-toi expérimenter, ressentir. Vivre, simplement.

Concrètement : lis, fais du sport, vas te promener, échange avec des gens intéressants, regarde des films et séries qui activent ton imaginaire, offre toi un massage ou un soin, soigne ton alimentation.

Ce n’est pas simple de lâcher prise, mais si tu tentes de passer en force, ce sera bien pire. J’en ai parlé dans un post dédié à ce que j’appelle “Faire la planche” (élue best attitude ever face à une période sans, par un jury composé de moi et mon mec.)

Si au premier signe de moins bien, tu te rues sur la recherche de solutions, tu es sûr de réussir deux choses :

  • accroître ton malaise du moment ;
  • tuer les trésors à venir.

L’incertitude est une indication précieuse que quelque chose ne va pas et doit évoluer. Si tu cherches à tout prix à y remédier, à meubler, à combler le vide, tu ne fais pas la place et le silence nécessaire pour le changement.

OUI c’est insupportable de rester là où tu ne sais pas. Mais il n’y a qu’en acceptant l’inconnu que tu iras vers quelque chose qui te ressemble davantage.

Est-ce que tu préfères vraiment bricoler des compromis en terrain connu ?

Moi j’ai tranché 🙂

💟 Si t’as besoin d’aide pour traverser l’incertitude, si t’es prêt à te poser les bonnes questions pour développer l’entreprise qui te ressemble, si t’as envie d’investir en toi pour découvrir les trésors cachés derrière ces périodes de creux, je me ferai une joie de t’accompagner en coaching. Écris-moi à anaelle [a] freetheideas.fr ou via le formulaire de contact 💌
incertitude entrepreneur
Fais passer le mot :
  • 68
    Partages
  • 68
    Partages

Un mardi sur deux, j'envoie une newsletter dédiée aux entrepreneurs du changement qui veulent prendre leur pied dans leur activité et y développer leur plein potentiel.

Tu veux dépasser tes peurs et croyances limitantes, renouer avec le plaisir d'entreprendre, assumer tes choix et miser sur tes talents ? Inscris-toi juste là.

Tu es bien inscrit !